lundi 22 octobre 2007

un yovo au bénin 3/3

Chronique tierce d'un yovo au bénin














Voici maintenant trois semaines : que je suis de retour en France, que j'ai repris le travail, que je prends des douches chaudes, que je ne serre quasiment plus de mains, que je trouve paris très très calme, que je ne mange plus pimenté, même pas "à côté', que personne dans le rue m'interpelle pour me demander si ça va bien, que je mange des très très bons croissants, que je n'achète plus mon "fan milk nature" quotidien, que je ne marchande plus, que la vie est redevenu chère, que je me suis soigné d'une infection pulmonaire, que mon ordinateur rame toujours autant, que la vie en vert et en orange me manque, que je ne vais plus à la plage, que je ne fréquente plus les toitures terrasses accessibles, que je n'utilise plus les logiciels libres (pardon), que le "akpan", le fromage rouge sans nom et l'iniam pilé me manquent, que je n'ai pas mangé de poissons, qu'il faut faire plus que "sortir dehors" pour aller chercher à manger, mais bien aller dans une boutique à trois rues de chez moi, que je ne vie plus en collocation avec deux gentilles et jolies filles (pardon pour cet excès langagier peu coutumier venant de ma part), que je ne fréquente plus au quotidien slameurs et rappeurs, que personne ne ma appelé "yovo yovo", que j'ai retrouvé ma cantine du midi, l'aquarius, un restaurant végétarien et bio, que je ne discute plus avec mon jumeau marseillais, mais que j'ai repris goût à l'aller retour en TGV dans la journée du Paris-Marseille, que je ne prends plus d'aussi belles photos, que j'ai quitté l'organisation "associatif" pour une organisation architectonique, que je n'ai pas ouvert indesign, que je me demande dans quel pays africain j'irai pour mes prochaines vacances (Togo & Burkina occupent une bonne place dans le classement, encore que l'Islande et les pays scandinaves sont tout aussi attirants), que toutes ces personnes rencontrées durant ces quatre semaines me manquent terriblement et que j'ai une envie d'humanité, que les gens qui se plaignent tout le temps de tout ne me font plus rire, que je parle plus doucement, peut être moins souvent aussi avec certain, plus avec d'autres, que je m'émerveille toujours autant de chaque jour qui passe, ... , -liste non exhaustive-, ...