
Ça y est, j'ai fait mes adieux à Sophie Calle. C'était lors d'une petite soirée fondue au chocolat (hum, je m'en régale encore).
A cette occasion j'ai édité un petit mémoire rétrospectif sur les différents travaux que j'ai fait autour d'elle.
Voici la lettre/édito introductif :
Sophie,
C’est un mercredi après-midi, lors d’un cours d’arts plastiques, que j’ai fait ta connaissance. Mon prof a écrit ton nom sur un bout de papier ainsi que ceux d’Annette Messager, Christian Boltanski et Claude Closky.
Me rendant par la suite dans ma belle médiathèque de proximité afin d’essayer de vous trouver tous les quatre, c’est toi que j’aperçue en premier. Ce fut le coup de foudre. Dès que je t’ai vue, tu m’as plu, je n’ai jamais pu te reposer, je n’ai jamais pu voir les autres, je n’avais plus que ton prénom et ton nom à la bouche : Sophie Calle.
J’ai décidé alors, d’aller sur tes pas, de faire « à la manière de ». Mais toujours en m’adaptant, en te détournant, en te réinterprétant. Cela dura ainsi plusieurs années, allant même jusqu’à faire un jeûne de toi durant un an. Mais avec le recul je sais bien que cette année passée sans toi était bel et bien un autre hommage. Je ne pouvais pas encore me défaire de ton image obsédante.
Jusqu’au jour où j’ai rencontré Annette Messager, Yves Klein, Italo Calvino, puis d’autres encore. C’est alors que je me suis rendu compte que tu n’étais pas la seule artiste contemporaine de ce monde, pas la seule artiste que je pouvais m’approprier, que je pouvais ré-créationner.
Pour tenter de tourner définitivement la page avec toi, mais sans te renier, ni te maudire, car, après tout, je reste seul responsable de mon éblouissement aveuglant, j’ai compilé dans ce petit opuscule nos sept ans de vie commune. On y trouve ce que j’avais fait pour l’année du Baccalauréat, ce que j’avais fait pour moi et les autres et quelques inédits.
Adieu Sophie, je n’oublierai pas ta voix au téléphone, quand je t’avais invitée à venir au lycée pour manger un repas rouge, je n’oublierai pas non plus ton sourire quand je t’ai rencontrée au sommet de la tour Eiffel.
Guillaume