09h00 Le réveil sonne et me prépare pour cette longue journée. Un thermos de jus, quelques barres de céréales, l'indispensable plan du métro, mes chaussures de marche : me voici fin prêt à passer une journée entière dans le métro parisien.
09h45 La lumière bleutée de Gambetta, station à demi-fantôme. J. m'offre une clémentine et du courage.
10h35 On se croirait dans le rer : des paysages de banlieues, des barres et des tours, les bords de l'ourcq, quelques cyclistes et promeneurs, des murs couverts d'art urbain. Tout au bout : une colombe colorée.
11h10 Déception sur la 7 bis : on ne voit plus la station fantôme et le subterfuge de Louis Blanc ne fonctionne plus.
11h30 Première pause musicale à Belleville. Je m'assois à coté d'un joueur de cithare puis m' achète les cerises réputées les meilleures du métro.
11h40 A République une chanteuse lyrique se mélange aux bruits de pas.
11h55 Arts et métiers : point de passage pour les cités obscures.
12h00 Petit cours d'histoire à Hôtel de ville sous l'oeil de la police qui, elle aussi, essaie de se cultiver.
12h30 Un petit bol d'air à Bastille sous le regard des révolutionnaires.
12h55 Un nouveau bol d'air à Bel air où une jeune fille tente d'apprendre un texte par coeur.
13h20 Un peloton de CRS se met au vert à gare de Lyon.
13h45 Place Clichy, un petit garçon explique le fonctionnement du métro à son papa.
13h55 Carrefour Pleyelle : "Celui qui ne s'amuse pas n'est pas sérieux".
14h35 A Saint Lazare, les quais sont quasi déserts, là où pourtant le matin les quais sont quasi impraticables.
15h30 A Charles de gaule, les passagers descendent d'un coté et montent de l'autre. Un fils et son père listent les disciplines des jeux olympiques.
15h35 Vue sur la tour Eiffel et la Seine : le grand air me fait du bien.
15h40 Absorbé par le paysage, j'oublie de descendre où je voulais. Je fais demi-tour à duplex.
15h55 Dehors il fait toujours aussi beau. En faisant le changement métro aérien - métro souterrain, la tentation est grande de m'évader. Heureusement un musicien rasta me ramène à la raison.
16h05 Pendant que deux petites filles jouent, Charle Michels fait peau neuve et leur papa lit "une vie" de Simone Veille.
16h20 On m'avait pourtant prévenu : Boulogne - Pont de Saint-Cloud est l'une des stations les plus glauquissime qui soient.
16h35 J'oublie à nouveau de descendre où je voulais, cette fois absorbé par la lecture d'un article sur Kery James.
17h05 C'est dans les deux demi-stations de Commerce que je commence à ressentir un paradoxe temporel : le temps me parait d'une longueur sans fin mais avec l'étrange impression de n'être là que depuis 5 minutes.
17h10 Je recroise mon musicien rasta et retrouve la surface. La lumière du jour commence à faiblir. Il commence aussi à faire froid.
17h15 C'était une obligation : emprunter le long tapis roulant sans fin de montparnasse. Celui qui comme à son habitude ne fonctionne jamais. Au bout, un groupe de neuf cubains m'accueille.
17h40 A Concorde, je joue au scrabble géant et écoute une dame jouer d'un instrument inconnu.
18h25 Nouveau tapis roulant : anonyme parmi tant d'autres.
18h45 A Odéon, une douce mélodie enchante les couloirs du métro
18h50 Un homme saoul prétendant être une femme juive veux m'embrasser.
19h05 Gare d'Austerlitz : alors qu'une bonne âme prend de mes nouvelles au téléphone, une autre personne me tape sur l'épaule : c'est ma soeur ! Je la laisse à place d'Italie.
19h15 A nouveau en aérien : Paris by night.
19h45 Les silhouettes de Réaumur Sebastopol m'accompagnent pour le changement de la 4 à la 3.
20h05 Je suis enfin libre : je sors de l'enceinte du métro après plus de dix heures passé dedans.