mercredi 16 septembre 2009

voyage au bout de la ligne

10h30 Le temps de se réveiller et de recharger mon portable - instrument indispensable en cas de problème, pour qui va explorer des contrés lointaines et inconnues (et même peut être hostile). Mon ticket acheté, le voyage commence enfin, dans les sous sol du métro parisien.
11h15 Onze stations de métro plus loin, me voici à la gare de Paris Austerlitz où je prend le train DEBA. Il n'y a plus qu'à se laisser porter et attendre le terminus. A François Mitterrand, le train sors définitivement du noir sous sol pour le gris du brouillard. Des gares de triages, des bâtiments industriels, certains flambant neufs, d'autres en désuétude total. Des immeubles, des ZEP, quelques cheminées industrielles. Des gares transiliennes qui défilent sans arrêt. Puis les premiers sacro-saint pavillons de banlieue. Une nouvelle gare de triage, des beaux bâtiments de Freyssinet et consoeurs. Des autoroutes. Et la Seine qui coule et que l'on suit. Des parkings et des pylônes. Une station d'épuration peinturlurée. Des jardins ouvriers, des chantiers, des entrepôts. Et la Seine que l'on retrouve inlassablement.
11h30 Arrêt à Juvisy. Désormais le train sera omnibus. De plus en plus de pavillons, et sur les collines quelques immeubles. La végétation se densifie peu à peu. Des maisons, des grandes, des petites, quelques-une en pierre meulière, beaucoup en crépi, pas mal de couleur beigeasse, rossasse ou jaunasse. Enormément de tuiles, quasi pas d'ardoise. Des velux et des chiens assis. Une longue tranchée végétale.
11h50 Dernier embranchement de la ligne (C4), gare de triage, parking militaire et me voici à la campagne, les premiers champs commencent, les gares se font plus petites, les plaines agricoles s'agrandissent.
12h05 Des terrains de sport, une piscine, une ferme reconvertie en salle de spectacle, un parc, de la forêt sur les collines avoisinantes, quelques vrais fermes isolées.
12h20 Après seize stations de rer, j'arrive à Dourdan la Forêt, terminus du train. Ca y est, je suis arrivé au bout de la ligne ! Dehors il fait toujours froid et gris, c'est la sortie des cours, je suis agressés par des hordes sauvages de collégiens. Je passe devant le centre hospitalier. Celui-ci me rassure en cas d'épidémie soudaine de grippes A, B ou C, je saurais où aller. C'est assez étrange, j'ai comme l'impression de connaître cette ville. Et pourtant non. Un autochtone karchérise sa maison, heureusement il ne me voit pas, racaille que je suis.
12h45 Les rues me font presque peur. Pas une personne de plus de 25 ans ne déambule dans la rue. Les magasins sont quasi tous fermés. Incroyable, il y a la queue devant un magasin "tapissier - décorateur" !!! Fausse alerte, il s'agit en fait d'un kebab qui y a établie résidence. Au sommet du château le drapeau tricolore flotte avec celui de la ville. Ouf, il y a un peu plus de monde dans le centre du village. C'est la fin du marché, sur les pavées et sous la vieille et belle halle en bois.
13h00 Mon ventre me rappelant à l'ordre, je choisis de faire une halte dans un restaurant à l'extérieur de bon alloua. L'ambiance y est étrange. La déco de la salle est d'un autre âge avec le papier peint moquette sombre, des croûtes aux murs et des éclairages incertains. Nous sommes six à manger. Quatre hommes seuls ainsi qu'un homme et une femme collègues de travail qui parlent économie, finance et industrie. Au menu : salade de chèvre chaud, escalopes de veau aux girolles et éclair au chocolat.
14h00 Je continue la balade découverte. Les rues sont toujours aussi désertes et les magasins toujours aussi fermés. Arrivé devant la mairie, c'est la valse des voitures, les employés reprennent le travail administratif. J'arrive dans un grand square, avec des jeux pour enfants sans enfants, des parterres, des alignements, les drapeaux des pays des villes jumelées. Je passe devant une école vide et un "point jeunes" avec quelques cailleras du neuf un.
14h30 Petite visite à l'office du tourisme (et oui !), où je trouve un plan du Havre, prochaine probable destination de tourisme expérimentale. A côté une exposition de trois tableaux de pastels sèches représentant chiens et fleurs. Dehors les employés municipaux s'activent à nettoyer les traces du marché de ce matin. Les nuages se lèvent, le vent arrive. Je me pose dans un petit square avec des herbes folles comme je les aime.
15h00 Je viens de finir un tour dans un grand parc municipal, ancienne propriété privée, fort agréable et qui n'est pas sans rappeler mon château de campagne. Petite balade au bord de l'Orge, puis d'une opération immobilière privée flambant neuve. A part quelques voitures, je ne croise toujours aucun piéton.
15h10 J'arrive dans un cul-de-sac non signalé m'obligeant à faire demi-tour.
15h30 A peine prémédité, je me retrouve devant le cinéma classé art et essai, juste avant une séance ! Nous sommes une dizaine dans une vieille salle qui me change de mes UGC-MK2 standardisés et illimités.
17h25 Aucun commentaire à faire sur le film. Le temps reste inchangé. Dans une très belle librairie j'achète cartes postales et un vieux guide défraîchie de la ville. Je me pose dans un bar. Deux piliers refont le monde avant que d'autres n'arrivent pour les aider dans cette lourde tâche. J'écris les cartes et le chocochaud est divin !
18h05 J'achète un pain aux amandes et retourne doucement direction la gare, en passant par une boîte aux lettres publique.
18h30 Direction Paris, cette fois je connais le paysage, je ne suis plus en terra incognita.
19h25 Peu à peu, le soleil, pourtant invisible, commence à se coucher.
20h15 De retour à la maison, fatigué mais heureux.

lundi 14 septembre 2009

souvenirs ferroviaires



gare d'austerlitz
Il fut un moment où je fuyais Paris pour Toulouse, le temps d'un week-end. En train de nuit.
A chaque fois les mêmes rituels. Les cent pas sur un quai vide en attendant l'affichage du quai de départ, le pré-controle avant de monter dans le train, et enfin, Inside de Moby dans les oreilles devant l'agglomération parisienne qui défile sous un clair de lune naissant.
Au retour, le lundi matin, je retrouvais ma gare déserte, et m'offrais un ptit'dej : croissant + chococho.

gare de l'est
Parce que la délégation nationale de Solidarités Jeunesses se trouve juste à coté, c'est une gare que je connais plus d'extérieur que d'intérieur.
Je l'ai vu se métamorphoser peu à peu. Les stores à projections d'un très beau rouge m'ont beaucoup marqué. J'aime beaucoup aussi, à l'intérieur, le hall tamisé et éclairé aux pavés de verre.

gare de lyon
Ce fut un peu ma gare du travail. Le privilège de pouvoir y aller en taxi, au petit matin, pour prendre le premier TGV, celui de 6h20, pour passer la journée à Marseille. Un vrai bonheur pour qui aime se laisser transporter en toutes saisons.
C'est aussi le lieu d'un restaurant mythique, le Train Bleu, que je n'ai pas encore eu loisir de découvrir ; mais ce n'est que partie remise, je compte bien y faire ma cantine de voyage.

gare de bercy
Une petite gare, passage obligé pour qui souhaite participer à un chantier international en Italie - via Rome, en train de nuit.
C'est dans cette mystérieuse gare que l'on peut mettre sa voiture dans des trains fantômes.
C'est de là aussi que partent certains pulman-orient express, où tout n'est que luxe calme et volupté. Un rêve à réaliser, je me le suis promis.

gare montparnasse
Par ignorance des autres, se fut ma gare préférée pendant longtemps. Juste parce que c'était la seule que "j'utilisais" si tant est qu'on "utilise" une gare. Les départs en vacances en Vendée : d'abords avec les trains corails mais surtout par la suite avec les sacro-saint TGV atlantiques, les premiers qui franchirent le seuil des 300km/h.
En grandissant -un peu- les énormes piliers-voûtes de béton blanc m'apparurent comme monumentalement beau. En grandissant un peu plus, j'ai découvert le jardin de l'Atlantide, petit havre de paix perché au dessus des voies.
Mais la désillusion vint peu à peu, quand je me mis à utiliser les autres gares, et que je me rendis compte que celle-ci n'avait que peu de charme comparée aux autres...

gare vaugirard
Une gare quasi fantôme que très peu de monde connaît.
Seulement quatre quais pour partir vers Granville et consoeurs. On ne se croirait pas à Paris mais dans une petite gare de province, un vrai bonheur, une gare à échelle humaine.
Souvent, en pleine journée il n'y a personne, pas même les guichetiers. Ca en devient surréaliste.

gare du nord
Une gare fantasmagorique. Un morceau d'Europe où se croise la France, la Belgique, la Hollande, le Royaume-Unis et l'Allemagne. On se croirait presque dans un aéroport, la zone sous douane de l'Eurostar et la toiture contemporaine du pôle d'échange renforçant cet effet.
C'est aussi l'une des gares les plus photogéniques, surtout au petit matin, avant de faire l'aller-retour à Bruxelles dans l'unique but d'aller boire un chocolat chaud. En se faisant, je pense d'ailleurs y avoir découvert un point de passage pour les cités obscures de Schuitten et Petters.
Elle reste à ce jour, ma gare préférée.

gare saint lazare
Métro, rer et francilien mis à part, je n'ai pas le souvenir d'y avoir pris un train pour l'ailleurs.
Il me faudra donc trouver prétexte pour réparer cet oubli, et ne pas seulement garder en mémoire la "bulle" - sortie de la gare souterraine.

dimanche 13 septembre 2009

destinations

si je prenais le train maintenant, voici où je pourrais aller...


gare de paris-austerlitz
tours, blois, bourges, orléans, cahors, toulouse, limoges, montluçon, madrid, brive, barcelone

gare de paris-est
charle ville mézières, frankfurt, bar le duc, luxembourg, saint dié des vosges, culmont chalindrey, mulhouse ville

gare de paris-lyon
clermont ferrand, montargis, hyeres, marseille saint charles, laroche migennes, annecy, saint étienne chateaucreux, lyon perrache, berne, chalons sur saone, miramas, montpellier, perpignan, besancon viotte, nice ville, grenoble, lausane, genève

gare de paris-bercy
dijon ville, nevers, corbigny, avallon, roma-termini, auxerre, venzia santa lucia

gare de paris-montparnasse
le mans, bordeaux, tarbes, nantes, saint malo, quimper, irun, brest, rennes, la rochelle

gare de paris-vaugirard
-

gare de paris-nord
saint just, london st pancras, boulogne, amsterdam, bruxelles midi, beauvais, maubeuge, creuil, dunkerque, valenciennes, lille flandre

gare de paris-saint-lazare
rouen, caen, le havre, cherbourg

mercredi 2 septembre 2009

6+2 [gares parisiennes]

petite promenade comparative dans les 6+2 gares parisiennes :
austerlitz - est - lyon - (bercy)
montparnasse - nord - saint lazare - (vaugirard)


abords


salles des pas perdus


halls de départs


panneaux des destinations


panneaux de quais


quais et voies