lundi 14 septembre 2009

souvenirs ferroviaires



gare d'austerlitz
Il fut un moment où je fuyais Paris pour Toulouse, le temps d'un week-end. En train de nuit.
A chaque fois les mêmes rituels. Les cent pas sur un quai vide en attendant l'affichage du quai de départ, le pré-controle avant de monter dans le train, et enfin, Inside de Moby dans les oreilles devant l'agglomération parisienne qui défile sous un clair de lune naissant.
Au retour, le lundi matin, je retrouvais ma gare déserte, et m'offrais un ptit'dej : croissant + chococho.

gare de l'est
Parce que la délégation nationale de Solidarités Jeunesses se trouve juste à coté, c'est une gare que je connais plus d'extérieur que d'intérieur.
Je l'ai vu se métamorphoser peu à peu. Les stores à projections d'un très beau rouge m'ont beaucoup marqué. J'aime beaucoup aussi, à l'intérieur, le hall tamisé et éclairé aux pavés de verre.

gare de lyon
Ce fut un peu ma gare du travail. Le privilège de pouvoir y aller en taxi, au petit matin, pour prendre le premier TGV, celui de 6h20, pour passer la journée à Marseille. Un vrai bonheur pour qui aime se laisser transporter en toutes saisons.
C'est aussi le lieu d'un restaurant mythique, le Train Bleu, que je n'ai pas encore eu loisir de découvrir ; mais ce n'est que partie remise, je compte bien y faire ma cantine de voyage.

gare de bercy
Une petite gare, passage obligé pour qui souhaite participer à un chantier international en Italie - via Rome, en train de nuit.
C'est dans cette mystérieuse gare que l'on peut mettre sa voiture dans des trains fantômes.
C'est de là aussi que partent certains pulman-orient express, où tout n'est que luxe calme et volupté. Un rêve à réaliser, je me le suis promis.

gare montparnasse
Par ignorance des autres, se fut ma gare préférée pendant longtemps. Juste parce que c'était la seule que "j'utilisais" si tant est qu'on "utilise" une gare. Les départs en vacances en Vendée : d'abords avec les trains corails mais surtout par la suite avec les sacro-saint TGV atlantiques, les premiers qui franchirent le seuil des 300km/h.
En grandissant -un peu- les énormes piliers-voûtes de béton blanc m'apparurent comme monumentalement beau. En grandissant un peu plus, j'ai découvert le jardin de l'Atlantide, petit havre de paix perché au dessus des voies.
Mais la désillusion vint peu à peu, quand je me mis à utiliser les autres gares, et que je me rendis compte que celle-ci n'avait que peu de charme comparée aux autres...

gare vaugirard
Une gare quasi fantôme que très peu de monde connaît.
Seulement quatre quais pour partir vers Granville et consoeurs. On ne se croirait pas à Paris mais dans une petite gare de province, un vrai bonheur, une gare à échelle humaine.
Souvent, en pleine journée il n'y a personne, pas même les guichetiers. Ca en devient surréaliste.

gare du nord
Une gare fantasmagorique. Un morceau d'Europe où se croise la France, la Belgique, la Hollande, le Royaume-Unis et l'Allemagne. On se croirait presque dans un aéroport, la zone sous douane de l'Eurostar et la toiture contemporaine du pôle d'échange renforçant cet effet.
C'est aussi l'une des gares les plus photogéniques, surtout au petit matin, avant de faire l'aller-retour à Bruxelles dans l'unique but d'aller boire un chocolat chaud. En se faisant, je pense d'ailleurs y avoir découvert un point de passage pour les cités obscures de Schuitten et Petters.
Elle reste à ce jour, ma gare préférée.

gare saint lazare
Métro, rer et francilien mis à part, je n'ai pas le souvenir d'y avoir pris un train pour l'ailleurs.
Il me faudra donc trouver prétexte pour réparer cet oubli, et ne pas seulement garder en mémoire la "bulle" - sortie de la gare souterraine.