10h30
Le temps de se réveiller et de recharger mon portable - instrument indispensable en cas de problème, pour qui va explorer des contrés lointaines et inconnues (et même peut être hostile).
Mon ticket acheté, le voyage commence enfin, dans les sous sol du métro parisien.
11h15
Onze stations de métro plus loin, me voici à la gare de Paris Austerlitz où je prend le train DEBA. Il n'y a plus qu'à se laisser porter et attendre le terminus.
A François Mitterrand, le train sors définitivement du noir sous sol pour le gris du brouillard.
Des gares de triages, des bâtiments industriels, certains flambant neufs, d'autres en désuétude total. Des immeubles, des ZEP, quelques cheminées industrielles. Des gares transiliennes qui défilent sans arrêt.
Puis les premiers sacro-saint pavillons de banlieue. Une nouvelle gare de triage, des beaux bâtiments de Freyssinet et consoeurs. Des autoroutes. Et la Seine qui coule et que l'on suit. Des parkings et des pylônes. Une station d'épuration peinturlurée. Des jardins ouvriers, des chantiers, des entrepôts. Et la Seine que l'on retrouve inlassablement.11h30 Arrêt à Juvisy. Désormais le train sera omnibus. De plus en plus de pavillons, et sur les collines quelques immeubles. La végétation se densifie peu à peu. Des maisons, des grandes, des petites, quelques-une en pierre meulière, beaucoup en crépi, pas mal de couleur beigeasse, rossasse ou jaunasse. Enormément de tuiles, quasi pas d'ardoise. Des velux et des chiens assis. Une longue tranchée végétale.
11h50 Dernier embranchement de la ligne (C4), gare de triage, parking militaire et me voici à la campagne, les premiers champs commencent, les gares se font plus petites, les plaines agricoles s'agrandissent.
12h05 Des terrains de sport, une piscine, une ferme reconvertie en salle de spectacle, un parc, de la forêt sur les collines avoisinantes, quelques vrais fermes isolées.
12h20 Après seize stations de rer, j'arrive à Dourdan la Forêt, terminus du train. Ca y est, je suis arrivé au bout de la ligne ! Dehors il fait toujours froid et gris, c'est la sortie des cours, je suis agressés par des hordes sauvages de collégiens. Je passe devant le centre hospitalier. Celui-ci me rassure en cas d'épidémie soudaine de grippes A, B ou C, je saurais où aller. C'est assez étrange, j'ai comme l'impression de connaître cette ville. Et pourtant non. Un autochtone karchérise sa maison, heureusement il ne me voit pas, racaille que je suis.
12h45 Les rues me font presque peur. Pas une personne de plus de 25 ans ne déambule dans la rue. Les magasins sont quasi tous fermés. Incroyable, il y a la queue devant un magasin "tapissier - décorateur" !!! Fausse alerte, il s'agit en fait d'un kebab qui y a établie résidence. Au sommet du château le drapeau tricolore flotte avec celui de la ville. Ouf, il y a un peu plus de monde dans le centre du village. C'est la fin du marché, sur les pavées et sous la vieille et belle halle en bois.
13h00 Mon ventre me rappelant à l'ordre, je choisis de faire une halte dans un restaurant à l'extérieur de bon alloua. L'ambiance y est étrange. La déco de la salle est d'un autre âge avec le papier peint moquette sombre, des croûtes aux murs et des éclairages incertains. Nous sommes six à manger. Quatre hommes seuls ainsi qu'un homme et une femme collègues de travail qui parlent économie, finance et industrie. Au menu : salade de chèvre chaud, escalopes de veau aux girolles et éclair au chocolat.
14h00 Je continue la balade découverte. Les rues sont toujours aussi désertes et les magasins toujours aussi fermés. Arrivé devant la mairie, c'est la valse des voitures, les employés reprennent le travail administratif. J'arrive dans un grand square, avec des jeux pour enfants sans enfants, des parterres, des alignements, les drapeaux des pays des villes jumelées. Je passe devant une école vide et un "point jeunes" avec quelques cailleras du neuf un.
14h30 Petite visite à l'office du tourisme (et oui !), où je trouve un plan du Havre, prochaine probable destination de tourisme expérimentale. A côté une exposition de trois tableaux de pastels sèches représentant chiens et fleurs. Dehors les employés municipaux s'activent à nettoyer les traces du marché de ce matin. Les nuages se lèvent, le vent arrive. Je me pose dans un petit square avec des herbes folles comme je les aime.
15h00 Je viens de finir un tour dans un grand parc municipal, ancienne propriété privée, fort agréable et qui n'est pas sans rappeler mon château de campagne. Petite balade au bord de l'Orge, puis d'une opération immobilière privée flambant neuve. A part quelques voitures, je ne croise toujours aucun piéton.
15h10 J'arrive dans un cul-de-sac non signalé m'obligeant à faire demi-tour.
15h30 A peine prémédité, je me retrouve devant le cinéma classé art et essai, juste avant une séance ! Nous sommes une dizaine dans une vieille salle qui me change de mes UGC-MK2 standardisés et illimités.
17h25 Aucun commentaire à faire sur le film. Le temps reste inchangé. Dans une très belle librairie j'achète cartes postales et un vieux guide défraîchie de la ville. Je me pose dans un bar. Deux piliers refont le monde avant que d'autres n'arrivent pour les aider dans cette lourde tâche. J'écris les cartes et le chocochaud est divin !
18h05 J'achète un pain aux amandes et retourne doucement direction la gare, en passant par une boîte aux lettres publique.
18h30 Direction Paris, cette fois je connais le paysage, je ne suis plus en terra incognita.
19h25 Peu à peu, le soleil, pourtant invisible, commence à se coucher.
20h15 De retour à la maison, fatigué mais heureux.








