vendredi 30 décembre 2016

souvenirs d'erasmus

À l'agence, lors des repas du midi avec les collègues, un sujet revient régulièrement : les souvenirs Erasmus. La plupart d'entre eux sont partis une année étudier dans une autre ville d'Europe (ou du monde) : Venise, Naples, Cracovie, Cottbus, Bruxelles, Oslo, Prague, Budapest, Montréal... Et quand on me pose la question "et toi, où est-ce que tu es parti ?", j'aime répondre que j'ai fait mieux qu'Erasmus : j'ai vécu un an à la Cité internationale universitaire de Paris.

Être inscrit en master étant nécessaire pour faire une demande d'admission, je fais une première demande alors que je suis en 4e année, mais elle est refusée faute de place disponible. La seconde demande (en 5e et dernière année) fut la bonne. Je quitte alors pour l'année du diplôme le 24m² d'une résidence étudiante de banlieue sensible pour un 16m² en plein cœur de Paris. Et ainsi de septembre 2005 à juillet 2006, si j'ai passé comme d'habitude mes journées à l'école d'architecture de Marne la Vallée, le soir venu et tous les week-end, je me suis retrouvé quelque part à l'international dans ce lieu éclectique et cosmopolite, qui n'a rien à envier aux autres métropoles d'Europe... Et comme une chance n'arrive jamais seule, je me retrouve (grâce à la politique de brassage des nationalités) à la fondation suisse construite en 1933 par Le Corbusier !

La cité universitaire c'est :
- un campus à l'américaine avec 40 maisons dans un parc de 45 hectares
- une tour de Babel horizontale avec 6000 étudiants de 130 nationalités différentes
- voyager dans le monde sans quitter Paris
- une identité visuelle made in Ruedi Baur
- la piscine du dimanche matin
- les trois jours du carnaval de la cité pour fêter la fin de l'année
- le café syrien dans le salon de la maison du Maroc
- le restaurant universitaire pour les repas du soir
- un lieu de promenade avec les amis et la famille de passage
- des récitals de musique, de poésie, de théâtre, de danse... disséminé dans toutes les maisons de la cité
- les regrets (faute de temps) de ne pas avoir su profiter de toutes les activités proposés
- la coupe du monde de football 2006 dans une ambiance enjaillée
- le contraste entre la beauté des façades et la désuétude intérieurs de certaines maisons

La fondation suisse c'est :
- 43 résidents de 11 nationalités différentes
- le chat du gardien qui rôde dans les couloirs
- les petites boites aux lettres de métal
- les soirées "raclette suisse" sous les pilotis du pavillon
- l'exposition Chandigarh : en rêver et finalement y aller quelques années plus tard
- la cuisine collective pour les petits déjeuners et les repas du week-end
- le doux ronronnement du périphérique en continue
- des meubles intégrés : un bureau-frigo et une penderie-étagère-lavabo
- l'escalier de métal et de lumière
- les portes de chambres laissées ouvertes pour dire "je suis là"
- les charlottes aux poires partagées dans la cuisine d'étage
- une douche individuelle / une baignoire collective
- les plafonds colorés des chambres : une polychromie vues de nuit
- le piano qui résonne les soirs d'hivers

Je confirme : j'ai fait mieux qu'Erasmus, j'ai vécu un an à la Cité internationale universitaire de Paris.

dimanche 11 décembre 2016

entre ciment et belle étoile




A la question "d'où viens-tu ?" je réponds souvent que j'ai grandi dans une ville située entre Trappes et Versailles. De cette double origine, j'en suis très fier. Un pied dans chaque culture. Et selon le contexte de la conversation, je peux insister à loisir d'un côté ou de l'autre. Versailles la belle, Trappes la rebelle.

Côté Versailles :
- le tour du grand canal le dimanche matin (au choix : à pied, à vélo, en patin à roulettes - et rêver de le faire en barque ou en aviron)
- l'orangerie du château métamorphosé en boite de nuit (et boire le jus d'orange du domaine)
- l'école d'architecture dans les petites écuries, les spectacles de Bartabas dans les grandes écuries
- sécher les cours pour la première fois de sa vie au hameau de la Reine
- aller au travail de papa, aller au travail de maman
- visiter le Petit Trianon : la quintessence de l'architecture hédoniste
- rêver du domaine de la Lanterne, ce lieu du pouvoir resté longtemps secret
- cueillir des pommes les matins froids d'automne
- aller chercher des oeufs frais à la ferme (et les manger à la coque)

Côté Trappes :
- faire du patin à glace sur le parvis de la mairie (avec Amel Bent en fond sonore)
- les radeaux de frites en mousse à la piscine Léo Lagrange
- les nombreux matchs d'improvisation dans la salle Jean Baptiste Clément (là où Jamel a commencé sous les jets des cailloux)
- Hubert Félix Thiefaine en live
- ne pas être rassuré en passant devant les immeubles aux fenêtres cassées et aux portes murées (en attendant une réhabilitation à venir)
- le cabaret théâtre au restaurant "le coup de foudre" (et en avoir un)
- passer d'un centre de loisirs en préfabriqué d'après guerre, à un centre de loisir flambant neuf avec salle de jeux d'eau, potager et pergola intégré
- être payé pour aller voir Kirikou au cinéma
- aller chercher des makrouds au marché de la Merise pendant le ramadan

Bref, j'ai grandi dans cette dualité permanente, entre ciment et belle étoile.

vendredi 25 novembre 2016

petite vie d’une grande femme (épisode 2)

Sur une idée originale de Lætitia Bianchi.


Mélanie Georgiades 1980-...
Le 25 Juillet 1980, Mélanie naît à Chypre, dans la ville de Nicosie. Elle aurait pu s’appeler France ou Avgusta. Sur les plages grecques, heureuse, elle baragouine quelques mots d’anglais avec ses tantes, oncles, cousins et cousines. Au travail de sa mère, elle joue à des jeux sur minitel, à cache-cache et aux billes. En 1988, elle danse sur la scène de l’hippodrome de Vincennes, toute de bleu vêtue, un béret à pompon sur la tête, des Reebok Pump au pied. J’étais ridicule avouera-t-elle plus tard. Elle enregistre les émissions radios dédiés au rap sur des K7 qu’elle écoute ensuite en boucle dans son Walkman. Rappant en direct à la radio, l’animateur la prend pour un garçon. Elle se fait virer de son groupe et dépense sans compter des centaines de milliers de francs en fringues, gadgets électroniques et voyages. Mélanie redouble sa seconde et passe son bac en 1999, elle a 18 ans. Mélanie rencontre Jamel dans un grand hôtel parisien et procède à un échange de numéro de téléphone. Plus tard, il lui payera repas, fringues et baskets. À Los Angeles, elle est fouillée par des policiers avant de pouvoir rencontrer Snoop Dogg. Mélanie s’enferme chez elle durant cinq jours, se regarde dans la glace, et pour la première fois, se trouve belle. Elle rencontre Amel, s’installent dans une salle de réunion puis mangent un grec : Le feeling est tout de suite passé entre nous confiera-t-elle. Et à force bavardage, sa copine Charlotte rate son train de dix heures du matin. Après une opération bénigne, elle est contrainte au silence dix jours durant et se pose des questions sur le sens de la vie. En décembre 2004, Mélanie rêve de se rendre dans un paysage de carte postale. Elle emménage à Paris, dans un quatre-vingt-dix mètres carrés et appelle Seb pour tout et n’importe quoi. Des plaques rouges envahissaient tout son corps. 2007 : Mélanie nage en Polynésie avec des bancs de dauphins et de petits requins. Elle culpabilise et se demande ce que font les gens quand ils ne travaillaient pas. Un soir, on lui pose des tonnes d’électrodes sur son crâne. Elle reprend une forte dose de calmants aux alentours de vingt heures pour pouvoir dormir. Le lendemain elle se lève tôt et a une envie de manger des croissants. Été 2008 : Mélanie lit dix-sept livres : des romans, des policiers et des autobiographies. Lors des Jeux Olympiques de Pékin, elle suit du début à la fin l’épreuve de cinquante kilomètres marche. Elle décide de se responsabiliser et s’inscrit dans une auto-école. Sur un coup de tête, elle se rend à New York le 4 novembre. Elle passe le nouvel an 2009 avec sa copine Charlotte et à minuit elles plongent dans l’eau toutes habillées : Nous nagions dans le bonheur. Elle ouvre la porte de son appartement en grand et serre sa mère très fort contre elle. Mélanie achète des sucettes qu’elle distribue à tour de bras. À l’aube, elle prie sur une aire d’autoroute et devant le cratère de Ngonrongonro, elle fond en larmes. Le 12 décembre 2010, à Dakar, Mélanie décide de mettre sa carrière en pause.

jeudi 24 novembre 2016

souvenirs de pripiat

Octobre 2005, le temps d'un week-end. La visite de la ville fantôme de Pripiat et de la centrale voisine. Alors stagiaire chez Canal. Mettre en page la scénographie d'un obscur "musée de l'avenir" (préfiguration d'un tourisme noir). Se souvenir des à-cotés (les nombreux checkpoints, le pic-vert russe, les alcôves inutiles d'Areva, la petite église orthodoxe toujours en activité, et tant d'autres...). Et partager ces souvenirs indicibles communs. Avec Laurianne (recherche autour des ruines urbaines pour son diplôme), Christophe (scannage 3d de la ville pour un jeu vidéo) et Yvio (investigation personnelle autour des performances sportives de la ville).

mercredi 9 novembre 2016

souvenirs de saint louis

Adepte des "candidatures qui ne servent à rien", l'une d'elles a bien failli aboutir (certes, aidé par un peu de réseautage). Après un premier entretien à Paris, je suis invité - ainsi que les deux autres candidats finalistes - à Dakar pour un second entretien au poste de "Directeur Antenne Saint Louis de l'Institut Français du Sénégal".

Nous sommes alors en novembre 2013, juste après notre voyage de noces. Nous en improvisons donc un second au Sénégal. Après quelques jours passés à Dakar pour exposer à l'ambassade mon projet - axé sur le patrimoine architectural et la création de résidences artistiques - nous partons une semaine à la découverte de Saint Louis, notre peut-être future ville d'adoption.

Après quatre heures de taxi-brousse à travers les paysages sahéliens, nous arrivons à une véritable oasis - une terre promise disent certains. Souvent comparée à La Nouvelle Orléans, nous avons aimé la comparer à Lyon : villes secondes au syndrome de capitales ratées, villes aux grandes traditions culinaires, textiles, culturelles, patrimoniales…

De cette semaine passée à Saint Louis, nous retiendrons :
- la journée passée au Parc national de la Langue de Barbarie, à côtoyer tortues, flamants roses, pélicans et autres beautés de la faune sauvage
- une excursion en VTT pour découvrir les alentours de la ville
- une très belle soirée dans les jardins de l'Institut français : Takeifa en concert
- le thiéboudiène national mangé au "fast food coin chic"
- la nuit passée à la belle étoile dans la cour de "l'école Christine Lagarde" (parce que financée par le FMI)
- la visite de l'université Gaston Berger avec la tour moderniste de la bibliothèque et les pavillons-tentes des résidences étudiantes
- la promenade sur le fleuve Sénégal avec les pécheurs du quartier de Guet Ndar
- la visite de l'atelier galerie Tësss qui fabrique les célèbres pagnes tissés Manjak
- l'ombre des signares qui plane toujours sur la ville
- "L'aventure ambiguë" de Cheikh Hamidou Kane comme livre de chevet
- l'Hôtel de la Poste et son charme un peu désuet
- les 500 mètres de traversée à pied du pont Faidherbe
- les architectures incongrues disséminées au milieu des anciens bâtiments coloniaux

Au final, je n'ai pas été retenu pour ce poste, l'administration préférant un candidat du sérail, anciennement en poste au Maroc et poète à ses heures. Opportunité unique ou simple partie remise, il en restera le rêve qu'une autre partie de vie était possible. Mais aussi la découverte de Saint Louis, qui reste à ce jour la plus belle ville d'Afrique visitée.

samedi 5 novembre 2016

la liste

Quand j'étais petit, à la question "Qu'est-ce que tu feras comme métier plus tard ?" je sortais une liste d'une vingtaine de métiers. Parmi ceux dont je me souviens :
- inventeur
- pompier volontaire
- pilote d'avion de ligne (même si je savais que ce n’était pas possible eu égard mes lunettes)
- chef de gare (si possible à Saint Gille Croix de Vie)
- imprimeur
- maire d'une petite ville
- travailler au tri postal
- astrophysicien
- contrôleur aérien
- apiculteur
- travailler dans la salle de contrôle d'une centrale nucléaire
- ...
mais aussi :
- architecte

Au fil des ans, la liste s'est réduite et il ne resta qu'architecte. Maintenant que je le suis depuis plus de 10 ans, une nouvelle liste a fait son apparition, celle des métiers possible pour une éventuelle reconversion. Selon les jours, les semaines et les humeurs on trouve :
- prof d'arts plastiques (en lycée)
- grutier (pour prendre un peu de hauteur sur les chantiers)
- directeur technique d'un bâtiment (type Inalco ou Institut des Cultures d'Islam)
- jardinier (à Versailles, ou à défaut au parc de la Tête d'Or)
- pasteur (de l'Eglise protestante unie de France)
- conducteur de train (avec l'ambition à terme de conduire un TGV)
- huissier à la Mairie de Paris (où à la Mairie de Lyon, si le poste existe)
- directeur d'un Institut français à l'étranger (et si possible dans un pays d'Afrique de l'Ouest)
- pâtissier (à la maison Pépin ou à la maison Drap)
- docteur en architecture (en faisant une thèse)
- ...

samedi 24 septembre 2016

38 piscines

Parisien, j'avais entrepris de tester toutes les piscines de la capitale. Parti sans avoir pu finir cet exercice, en voici le compte-rendu partiel dressé à l'époque (dans les années 2010).

? non testée (9/38)
+ bof (6/38)
++ normal (10/38)
+++ bien (9/38)
++++ très bien (4/38)

Piscine Suzanne Berlioux +++
Fréquentée quand j'étais étudiant, c'est une très grande piscine agréable, avec uniquement des personnes qui viennent pour nager. Le plafond de Chemetov donne un air de cathédrale moderne.








Piscine Saint-Merri +
Une piscine sans intérêt, tout est vieillot, le bassin est tout petit et il y a plein de monde, même dans les heures creuses.

Piscine Jean Taris ?

Piscine Pontoise +++
Une piscine comme on les aime, un grand bassin et des coursives/cabines. Il ne reste plus qu'a rénover la grande verrière et se serrai parfais !








Piscine Saint-Germain ++
Découverte dans des circonstance particulière puisque c'était lors de la nuit blanche : du jazz en fond sonore, des lumières roses tamisés, une piscine ordinaire sublimée le temps d'une nuit.

Piscine Georges Drigny +
Pas de lumière naturelle, peu de cabines, pas de crochets de douche, petit bassin... sans intérêt.

Piscine Paul Valeyre ?

Piscine Château-Landon ++++
Si elle n'était pas si petite, elle serait parfaite ! Des casiers et douche en coursives, une rénovation ressente réussi, une belle mosaïque dans le petit bassin...








Piscine Parmentier +
Ca commençait pourtant bien : à l’extérieur des fenêtres verticales à la Vacchini, des belles couleurs à la mode dû à la rénovation récente. Mais le reste est déplorable : un dédale de couloirs et d'escaliers, des vestiaires anarchiques, des douches froides, plein de monde, un bassin sans profondeur et sans longueur...

Piscine Georges Rigal ?

Piscine de la Cour des Lions ?

Piscine Reuilly +
Partant pourtant d'un apriori positif, cette piscine m'a énormément déçue. Elle est d'une saleté affligeante (vestiaire comme bassin), la moitié des cabines sont cassées, l'autre est taguées, et le bâtiment, pourtant pas trop vieux, commence à se décomposer sur place...

Piscine Roger Le Gall ?

Piscine de la Butte aux Cailles +++
Malgré un bassin de taille réduite et une fréquentation à la limite du supportable, c'est un très beau lieu, plein d'histoire et de couleurs. C'est aussi (et ce n'est pas rien) un point de passage vers les cités obscures (vers la ville d'Urbicande).

Piscine Château des Rentiers ?

Piscine Dunois ++
Une petite piscine de quartier sans prétention. Situé au rez-de-chaussée d'une tour du XIIIe, les locaux sont certes à la limite du vétuste, mais le bassin est agréable : un patio apporte de la lumière naturelle tamisée par les arbres.

Piscine Joséphine Baker +++
Malgré les nombreuse critiques, c'est une piscine que j'aime beaucoup. Certes elle est très petite, mais nager sous le ciel bleu à coté des péniches qui passent juste à coté reste un véritable plaisir. On croirait nager sur la seine elle même...








Piscine Aspirant Dunand ++
Une piscine toute simple sans grand intérêt, sans grand défauts non plus.

Piscine Didot +
Des vestiaires tout petits, un petit bassin sans lumière, et sale de surcroîts !

Piscine Armand Massard ++
Fréquentée régulièrement à la sortie du travail, une piscine sans charme dans les sous-sol d'un centre commercial. Heureusement les deux bassins permettent de nager dans de bonnes conditions.

Piscine Blomet +++
Une vieille piscine des années 30, pleines de lumières, avec des vestiaires-casiers d'origines, un très grand bassin de 50m... Il ne manque plus qu'à la rénover et elle serait parfaite !









Piscine Emile Anthoine +++
Une piscine un peu vieillotte mais tout à fait sympathique et agréable. Avec en prime, et ce n'est pas rien, une vue sur la tour Eiffel !








Piscine Keller +++
Une piscine toute belle, toute rénovée. Deux grand tuyau bleue beaubourien, une grande baie vitré qui laisse voir le quartier, un toit ouvrant pour l'été... Et en bonus track, une aile d'avion échouée au fond du bassin !








Piscine de la Plaine +++
Une piscine sans prétention, mais vraiment très agréable. De la lumière, une vue poétique sur le périf, des plantes vertes, l'eau bien chaude...








Piscine René et André Mourlon ++
Une piscine certes agréable mais sans grand charme et assez vieillotte.

Piscine Henry de Montherlant ++
Une piscine un peu étrange où dans le bassin la peinture écaillée remplace la céramique, et où les lignes d'eau sont quasi inexistantes. Malgré cela, elle reste tout a fait appréciable.

Piscine d'Auteuil ++
Un tunnel, un escalier à monter, puis un second à descendre on accède enfin à cette piscine assez sympathique, au pied de l'hippodrome d'Auteuil. Le toit semi ouvrant est son principal attrait.

Piscine Bernard Lafay ++
Une piscine toute simple mais agréable, (heureusement) restauré il y a peu.

Piscine Champerret ++
D'une extraordinaire banalité. Ni reproche, ni qualité particulière.

Piscine Bertrand Dauvin ++
Une piscine tout à fait honnête et modeste. Un beau bassin et une belle baie vitré sur toute la longueur en sont les principaux atouts.

Piscine Hébert +++
Très belle piscine rénové il n'y a pas longtemps. Grandes coursives, verrière ouvrante...

Piscine des Amiraux ++++ 
Une très très belle piscine. Au centre d'un immeuble en gradin, un style art déco, des carreaux de céramiques blanches, les anciennes cabines et coursives toujours utilisées... un must.








Piscine Mathis ?

Piscine Rouvet ?

Piscine Edouard Pailleron ++++
Une magnifique piscine. Mélange de passé et de présent. Le bâtiment historique de Pollet à été rénové par le grand Marc Mimram, qui nous invite à nager sur le dos pour admirer les jeux de lumières sur la toiture...
Piscine Georges Hermant +
Une piscine toute vieille avec des moisissures partout... Une grande rénovation s'impose.

Piscine Alfred Nakache ?

Piscine Georges Vallerey ++++
C'est MA piscine. A quelques minutes de chez moi, un très grand bassin flexible (50m ou 2x25m), une toiture qui s'ouvre avec les beaux jours... bref la meilleure de toutes !

samedi 10 septembre 2016

architecture à vivre (épisode 1)


Les thermes de Vals, par l'architecte Peter Zumthor, c'est d'abord une expérience architecturale, puis sensorielle et enfin mystique.

Grand monolithe de pierre gris-bleu incrusté dans la montagne, les thermes c'est :
- un grand bassin intérieur à 32°C sous une chape de béton et 16 points de lumière bleue
idée d'installation : une accumulations de bouées et de matelas gonflables, de tailles, de couleurs et de formes différentes (licornes, crocodiles...)
- un grand bassin extérieur à 30°C qui fume au contact de l'air frais des montagnes suisses
idée d'installation : une dizaine de matelas gonflables roses qui flottent comme un seul grand radeau

Et autour, une multitude de blocs autonomes :
- un bain chaud à 35°C dans une grotte - la caverne des origines
idée d'installation : pleins de petits canards en plastiques jaunes et noirs
- un bain parfumé aux pétales de Calendula officinalis
idée d'installation : des pétales de coquelicot et des flacons de Flower by Kenzo
- une tisanerie pour récupérer et s'hydrater d'eau et de jus frais
idée d'installation : un bar à eau du monde entier
- deux solariums intérieurs, deux solariums extérieurs pour dominer la vallée et sentir appartenir à notre monde
idée d'installation : des tas de serviettes blanches qui prennent le soleil
- deux salles de repos avec des vues cadrées sur les sapins centenaires et la multitudes des granges
idée d'installation : des peluches installés sur les bancs
- une immersion sonore minimaliste, à base de percussions, de cloches et de timbales primitives : la musique des premiers instants
idée d'installation : un xylophones constitué de bouteille de Valser
- une fontaine au milieu de bloc de grands blocs de pierres taillées, source de toute vie, pouvoir y boire l'eau des origines (cet acte primitif), naturellement chargée en calcium, magnésium, lithium, baryum...
idée d'installation : un grand lustre composé d'une accumulation d'éprouvettes graduées, de béchers, d'erlenmeyers, de burettes, de pipettes...
- un bain (trop) chaud à 42°C
idée d'installation : un grand samovar russe
- un bain (trop) froid à 14°C
idée d'installation : des flûtes et des bouteilles de champagnes Pommery
- trois douches massantes, industrielles, de très grandes hauteurs et au plafond insondable
idée d'installation : des pommeaux de douches et de l'eau coloré : la Holi aquatique
- deux bains de vapeur sur des stèles noires et dans l'obscurité
idée d'installation : une collection d'éponges naturelles

Et toujours / et ça et là :
- un corridor noir sans fin en guise d'introduction,
- une série de fontaines, source d'eau naturelle, le béton qui se colore,
- une série de grandes marches, transition entre deux mondes,
- des rambardes et des portes en laitons,
- le blanc immaculé des serviettes et des peignoirs consciencieusement rangés sur les bancs de pierres,
- des échappées visuelles : le grand paysage entre deux blocs de pierres,
- du Jackson Pollock éphémère,
- le désafleurs des toitures en porte-à-faux, pour souligner l'indépendance des blocs,
- une pluie d'étoiles (quand il pleut dans le bassin extérieur),
- un calepinage de 3 hauteurs de gneiss qui font toujours 15 cm,
- des failles de lumière de 8 cm pour séparer : l'immatériel au service de la matérialité,
- deux mini-montres pour se rappeler que le bonheur est éphémère,
- personne, les bains rien que pour soi, le matin et la nuit dans un silence absolu,
- des échappées visuelles (bis) : l'ouverture d'un autre bloc et la curiosité qui va avec,
- des petites fissures, rappelant sans cesse que le bâtiment est partie intégrante de la montagne,
- des points lumineux,
- rien d'autre, minimalisme suisse oblige.

Les thermes de Vals par Peter Zunthor, un avant goût du bonheur.

dimanche 4 septembre 2016

souvenirs d’addis abeba

C’était en janvier 2015 pour une visite d’à peine 72 h 00 dans la capitale éthiopienne.

Erik Khama, ancien président du Natobho, vient d’être élu au poste de Commissaire, chargé des « affaires sociales » à l’Union Africaine (dont le siège se trouve à Addis Abeba). En tant que conseiller de coopération et d’action culturelle, je fais partie de la délégation natobholaise invitée pour les cérémonies d’investitures.

L’Union Africaine, si elle est souvent critiquée – et critiquable – pour n’être qu’un « syndicat de chefs d’états », elle n’en demeure pas moins la plus grande union de pays dans le monde, lieu d’espoir et de prélude à l’utopie : ne reste alors qu’à inventer l’avenir. L’actuel Union Africaine remplace l’ancienne Organisation de l’Unité Africaine, lieu emblématique et chargé d’histoire. C’est avec une certaine émotion que je suis rentré dans ce temple du panafricanisme. Un privilège et un honneur d’aller sur les traces des pères fondateurs : le ghanéen Kwame Nkrumah, le sénégalais Léopold Sédar Senghor, le malien Modibo Keïta, le togolais Sylvanus Olympio, l’éthiopien Haïlé Sélassié…
C’est également devant cette même organisation, que Thomas Sankara a prononcé son célèbre discours du 29 juillet 1987 contre le néo-colonialisme. J’entends encore ses paroles résonner : « Je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africains, c’est la seule façon de vivre libres et de vivre dignes. La patrie ou la mort, nous vaincrons ! ».

Si l’essentiel du séjour - placé sous le signe du protocole et de la diplomatie - a été consacré à assister aux cérémonies et discours des uns et des autres, j’ai réussi quand même à avoir un petit aperçu de cette belle ville : parcourir les rues dans les taxis bleus et blancs ; sentir la fierté d’une nation qui a résisté à la domination coloniale ; percevoir le contraste de la métropole où le tramway flambant neuf côtoie les bidonvilles ; voir enfin la gare de la mythique ligne ferroviaire qui relie Addis Abeba à Djibouti ; être impressionné par toutes les tenus vestimentaires du dernier empereur d’Ethiopie exposées au musée national ; …

Difficile pour l’architecte que je suis de ne pas rendre visite à l’ambassade des Pays-Bas. Magnifique bâtiment contemporain - récompensé par le prix Aga Khan d’architecture - qui réinterprète les églises rupestres de Lalibela. Délégation officielle aidant, nous sommes invité à prendre le goûter et à découvrir les gâteaux au gingembre et à la mélasse, spécialité du cuisinier en poste, qui me confiera la recette.

De ce trop court séjour – il me faudra y retourner – j’en retiens le cosmopolitisme : Addis Abeba ville-monde.

samedi 27 août 2016

paradis perdus

Il y a de ces nuits indicibles. Celle du jeudi 19 juin 2014 en fait partie. Sur les hauteurs de Rome, dans les somptueux jardins de la Villa Médicis. Un concert intimiste, une centaine de personnes seulement. Et sur scène, seul, Christophe et son piano. Invité par un ami en résidence, se sentir privilégié le temps d'un soir, dans ce lieu hors du temps. Et caresser l'idée d'y passer une année entière.

dimanche 7 août 2016

petite vie d’un grand homme (épisode 1)

Sur une idée originale de Lætitia Bianchi
et une illustration de François Belot.

Georges Remi 1907-1983
Le 22 mai 1907, à sept heures trente du matin, Hergé naît. Sa mère l’habille de petites robes et lui laisse pousser les cheveux jusqu’aux épaules. 1918 : Hergé dessine dans le cahier de poésie de Marie-Louise Van Cutsem. Une longue frise dessinée sur une nappe en papier porte le coup fatal à leur romance. 1924 : Découvrant un pendu dans la forêt de Soignes, il récupère la corde qu’il vend par morceaux de vingt-cinq centimètres. 1925 : Hergé déchire accidentellement la grande toile peinte qui tient lieu de décor, lors d’une représentation théâtrale et s’exclame : Tiens, une crevasse ! 1931 : Hergé écrit dans son carnet : Ma vie sans toi n’est qu’un squelette. Un dimanche, Hergé reçoit de son ami Tchang Tchong Jen une série de pinceaux chinois. 1938 : Hergé n’est pas très en forme, il ne fait que dessiner des canons et des mitrailleuses. 1942 : Hergé offre à Edgar Jacobs un des pinceaux chinois offert par Tchang Tchong Jen. 1944 : Après une perquisition de la sûreté de l’état à son domicile, Hergé passe une nuit en prison à la division centrale de la police de Bruxelles. 1947 : Pour son quarantième anniversaire, Hergé somatise, dort mal, ne digère pas et souffre de violentes crises d’eczéma et de furonculose. Hergé écrit à Germaine : Il faut nous dépêcher d’être heureux et de nous fabriquer des souvenirs pour plus tard. 1948 : Hergé contacte dans le plus grand secret le consulat du Brésil puis celui d’Argentine, en vue de s’y installer définitivement. Le Roi Léopold III invite Hergé à déjeuner et lui propose ensuite une partie de pêche. Le père Gall, habillé en sioux, initie Hergé à fumer le calumet selon les rites très stricts des indiens. Germaine l’emmène aux sports d’hiver, où ils n’échappent pas à l’épidémie de grippe. 1949 : Hergé et Germaine auraient adopté un enfant ; quinze jours plus tard ils l’auraient rendu. 1951 : Hergé serait mort selon des rumeurs persistantes suite à l’interruption prolongée de l’album On a marché sur la lune. 1952 : Hergé est au volant de sa Lancia Aprilia qui se conduit à droite et qu’il a dessinée dans Tintin au pays de l’or noir ; Hergé double une petite Renault qui tourne brusquement à gauche ; les deux voitures sont en miettes. 1957 : Hergé pensant à Fanny, Germaine pensant à Bob, ils partent tous deux en croisière d’Anvers pour Casablanca, Rabat, Oran, Alger, Palerme et Rome. 1963 : Hergé peint trente-sept toiles, presque toutes abstraites et qui ne seront jamais exposées : J’ai tâté de la peinture, dira-t-il. 1975 : Après une longue quête de plusieurs années qui le conduit jusqu’à Taïwan, Hergé trouve l’adresse de Tchang Tchong Jen en Chine : celle-ci était inchangée depuis son départ en 1937 et figurait en bonne place dans son carnet d’adresses. 1979 : Tous les quinze jours, Hergé subit une transfusion sanguine complète et déclare en sortant de l’hôpital : J’ai fait le plein ! 1981 : En séjour à l’hôtel Eden Roc d’Ascona, Hergé attrape une double pneumonie et doit être rapatrié. Le 3 mars 1983, vers vingt-deux heures, Hergé meurt.

jeudi 23 juin 2016

Après 5 ans d'absence jour pour jour, ce blog reprend son activité - entre réalité et fiction - et toujours comme "complément textuel" du site.