samedi 24 septembre 2016

38 piscines

Parisien, j'avais entrepris de tester toutes les piscines de la capitale. Parti sans avoir pu finir cet exercice, en voici le compte-rendu partiel dressé à l'époque (dans les années 2010).

? non testée (9/38)
+ bof (6/38)
++ normal (10/38)
+++ bien (9/38)
++++ très bien (4/38)

Piscine Suzanne Berlioux +++
Fréquentée quand j'étais étudiant, c'est une très grande piscine agréable, avec uniquement des personnes qui viennent pour nager. Le plafond de Chemetov donne un air de cathédrale moderne.








Piscine Saint-Merri +
Une piscine sans intérêt, tout est vieillot, le bassin est tout petit et il y a plein de monde, même dans les heures creuses.

Piscine Jean Taris ?

Piscine Pontoise +++
Une piscine comme on les aime, un grand bassin et des coursives/cabines. Il ne reste plus qu'a rénover la grande verrière et se serrai parfais !








Piscine Saint-Germain ++
Découverte dans des circonstance particulière puisque c'était lors de la nuit blanche : du jazz en fond sonore, des lumières roses tamisés, une piscine ordinaire sublimée le temps d'une nuit.

Piscine Georges Drigny +
Pas de lumière naturelle, peu de cabines, pas de crochets de douche, petit bassin... sans intérêt.

Piscine Paul Valeyre ?

Piscine Château-Landon ++++
Si elle n'était pas si petite, elle serait parfaite ! Des casiers et douche en coursives, une rénovation ressente réussi, une belle mosaïque dans le petit bassin...








Piscine Parmentier +
Ca commençait pourtant bien : à l’extérieur des fenêtres verticales à la Vacchini, des belles couleurs à la mode dû à la rénovation récente. Mais le reste est déplorable : un dédale de couloirs et d'escaliers, des vestiaires anarchiques, des douches froides, plein de monde, un bassin sans profondeur et sans longueur...

Piscine Georges Rigal ?

Piscine de la Cour des Lions ?

Piscine Reuilly +
Partant pourtant d'un apriori positif, cette piscine m'a énormément déçue. Elle est d'une saleté affligeante (vestiaire comme bassin), la moitié des cabines sont cassées, l'autre est taguées, et le bâtiment, pourtant pas trop vieux, commence à se décomposer sur place...

Piscine Roger Le Gall ?

Piscine de la Butte aux Cailles +++
Malgré un bassin de taille réduite et une fréquentation à la limite du supportable, c'est un très beau lieu, plein d'histoire et de couleurs. C'est aussi (et ce n'est pas rien) un point de passage vers les cités obscures (vers la ville d'Urbicande).

Piscine Château des Rentiers ?

Piscine Dunois ++
Une petite piscine de quartier sans prétention. Situé au rez-de-chaussée d'une tour du XIIIe, les locaux sont certes à la limite du vétuste, mais le bassin est agréable : un patio apporte de la lumière naturelle tamisée par les arbres.

Piscine Joséphine Baker +++
Malgré les nombreuse critiques, c'est une piscine que j'aime beaucoup. Certes elle est très petite, mais nager sous le ciel bleu à coté des péniches qui passent juste à coté reste un véritable plaisir. On croirait nager sur la seine elle même...








Piscine Aspirant Dunand ++
Une piscine toute simple sans grand intérêt, sans grand défauts non plus.

Piscine Didot +
Des vestiaires tout petits, un petit bassin sans lumière, et sale de surcroîts !

Piscine Armand Massard ++
Fréquentée régulièrement à la sortie du travail, une piscine sans charme dans les sous-sol d'un centre commercial. Heureusement les deux bassins permettent de nager dans de bonnes conditions.

Piscine Blomet +++
Une vieille piscine des années 30, pleines de lumières, avec des vestiaires-casiers d'origines, un très grand bassin de 50m... Il ne manque plus qu'à la rénover et elle serait parfaite !









Piscine Emile Anthoine +++
Une piscine un peu vieillotte mais tout à fait sympathique et agréable. Avec en prime, et ce n'est pas rien, une vue sur la tour Eiffel !








Piscine Keller +++
Une piscine toute belle, toute rénovée. Deux grand tuyau bleue beaubourien, une grande baie vitré qui laisse voir le quartier, un toit ouvrant pour l'été... Et en bonus track, une aile d'avion échouée au fond du bassin !








Piscine de la Plaine +++
Une piscine sans prétention, mais vraiment très agréable. De la lumière, une vue poétique sur le périf, des plantes vertes, l'eau bien chaude...








Piscine René et André Mourlon ++
Une piscine certes agréable mais sans grand charme et assez vieillotte.

Piscine Henry de Montherlant ++
Une piscine un peu étrange où dans le bassin la peinture écaillée remplace la céramique, et où les lignes d'eau sont quasi inexistantes. Malgré cela, elle reste tout a fait appréciable.

Piscine d'Auteuil ++
Un tunnel, un escalier à monter, puis un second à descendre on accède enfin à cette piscine assez sympathique, au pied de l'hippodrome d'Auteuil. Le toit semi ouvrant est son principal attrait.

Piscine Bernard Lafay ++
Une piscine toute simple mais agréable, (heureusement) restauré il y a peu.

Piscine Champerret ++
D'une extraordinaire banalité. Ni reproche, ni qualité particulière.

Piscine Bertrand Dauvin ++
Une piscine tout à fait honnête et modeste. Un beau bassin et une belle baie vitré sur toute la longueur en sont les principaux atouts.

Piscine Hébert +++
Très belle piscine rénové il n'y a pas longtemps. Grandes coursives, verrière ouvrante...

Piscine des Amiraux ++++ 
Une très très belle piscine. Au centre d'un immeuble en gradin, un style art déco, des carreaux de céramiques blanches, les anciennes cabines et coursives toujours utilisées... un must.








Piscine Mathis ?

Piscine Rouvet ?

Piscine Edouard Pailleron ++++
Une magnifique piscine. Mélange de passé et de présent. Le bâtiment historique de Pollet à été rénové par le grand Marc Mimram, qui nous invite à nager sur le dos pour admirer les jeux de lumières sur la toiture...
Piscine Georges Hermant +
Une piscine toute vieille avec des moisissures partout... Une grande rénovation s'impose.

Piscine Alfred Nakache ?

Piscine Georges Vallerey ++++
C'est MA piscine. A quelques minutes de chez moi, un très grand bassin flexible (50m ou 2x25m), une toiture qui s'ouvre avec les beaux jours... bref la meilleure de toutes !

samedi 10 septembre 2016

architecture à vivre (épisode 1)


Les thermes de Vals, par l'architecte Peter Zumthor, c'est d'abord une expérience architecturale, puis sensorielle et enfin mystique.

Grand monolithe de pierre gris-bleu incrusté dans la montagne, les thermes c'est :
- un grand bassin intérieur à 32°C sous une chape de béton et 16 points de lumière bleue
idée d'installation : une accumulations de bouées et de matelas gonflables, de tailles, de couleurs et de formes différentes (licornes, crocodiles...)
- un grand bassin extérieur à 30°C qui fume au contact de l'air frais des montagnes suisses
idée d'installation : une dizaine de matelas gonflables roses qui flottent comme un seul grand radeau

Et autour, une multitude de blocs autonomes :
- un bain chaud à 35°C dans une grotte - la caverne des origines
idée d'installation : pleins de petits canards en plastiques jaunes et noirs
- un bain parfumé aux pétales de Calendula officinalis
idée d'installation : des pétales de coquelicot et des flacons de Flower by Kenzo
- une tisanerie pour récupérer et s'hydrater d'eau et de jus frais
idée d'installation : un bar à eau du monde entier
- deux solariums intérieurs, deux solariums extérieurs pour dominer la vallée et sentir appartenir à notre monde
idée d'installation : des tas de serviettes blanches qui prennent le soleil
- deux salles de repos avec des vues cadrées sur les sapins centenaires et la multitudes des granges
idée d'installation : des peluches installés sur les bancs
- une immersion sonore minimaliste, à base de percussions, de cloches et de timbales primitives : la musique des premiers instants
idée d'installation : un xylophones constitué de bouteille de Valser
- une fontaine au milieu de bloc de grands blocs de pierres taillées, source de toute vie, pouvoir y boire l'eau des origines (cet acte primitif), naturellement chargée en calcium, magnésium, lithium, baryum...
idée d'installation : un grand lustre composé d'une accumulation d'éprouvettes graduées, de béchers, d'erlenmeyers, de burettes, de pipettes...
- un bain (trop) chaud à 42°C
idée d'installation : un grand samovar russe
- un bain (trop) froid à 14°C
idée d'installation : des flûtes et des bouteilles de champagnes Pommery
- trois douches massantes, industrielles, de très grandes hauteurs et au plafond insondable
idée d'installation : des pommeaux de douches et de l'eau coloré : la Holi aquatique
- deux bains de vapeur sur des stèles noires et dans l'obscurité
idée d'installation : une collection d'éponges naturelles

Et toujours / et ça et là :
- un corridor noir sans fin en guise d'introduction,
- une série de fontaines, source d'eau naturelle, le béton qui se colore,
- une série de grandes marches, transition entre deux mondes,
- des rambardes et des portes en laitons,
- le blanc immaculé des serviettes et des peignoirs consciencieusement rangés sur les bancs de pierres,
- des échappées visuelles : le grand paysage entre deux blocs de pierres,
- du Jackson Pollock éphémère,
- le désafleurs des toitures en porte-à-faux, pour souligner l'indépendance des blocs,
- une pluie d'étoiles (quand il pleut dans le bassin extérieur),
- un calepinage de 3 hauteurs de gneiss qui font toujours 15 cm,
- des failles de lumière de 8 cm pour séparer : l'immatériel au service de la matérialité,
- deux mini-montres pour se rappeler que le bonheur est éphémère,
- personne, les bains rien que pour soi, le matin et la nuit dans un silence absolu,
- des échappées visuelles (bis) : l'ouverture d'un autre bloc et la curiosité qui va avec,
- des petites fissures, rappelant sans cesse que le bâtiment est partie intégrante de la montagne,
- des points lumineux,
- rien d'autre, minimalisme suisse oblige.

Les thermes de Vals par Peter Zunthor, un avant goût du bonheur.

dimanche 4 septembre 2016

souvenirs d’addis abeba

C’était en janvier 2015 pour une visite d’à peine 72 h 00 dans la capitale éthiopienne.

Erik Khama, ancien président du Natobho, vient d’être élu au poste de Commissaire, chargé des « affaires sociales » à l’Union Africaine (dont le siège se trouve à Addis Abeba). En tant que conseiller de coopération et d’action culturelle, je fais partie de la délégation natobholaise invitée pour les cérémonies d’investitures.

L’Union Africaine, si elle est souvent critiquée – et critiquable – pour n’être qu’un « syndicat de chefs d’états », elle n’en demeure pas moins la plus grande union de pays dans le monde, lieu d’espoir et de prélude à l’utopie : ne reste alors qu’à inventer l’avenir. L’actuel Union Africaine remplace l’ancienne Organisation de l’Unité Africaine, lieu emblématique et chargé d’histoire. C’est avec une certaine émotion que je suis rentré dans ce temple du panafricanisme. Un privilège et un honneur d’aller sur les traces des pères fondateurs : le ghanéen Kwame Nkrumah, le sénégalais Léopold Sédar Senghor, le malien Modibo Keïta, le togolais Sylvanus Olympio, l’éthiopien Haïlé Sélassié…
C’est également devant cette même organisation, que Thomas Sankara a prononcé son célèbre discours du 29 juillet 1987 contre le néo-colonialisme. J’entends encore ses paroles résonner : « Je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africains, c’est la seule façon de vivre libres et de vivre dignes. La patrie ou la mort, nous vaincrons ! ».

Si l’essentiel du séjour - placé sous le signe du protocole et de la diplomatie - a été consacré à assister aux cérémonies et discours des uns et des autres, j’ai réussi quand même à avoir un petit aperçu de cette belle ville : parcourir les rues dans les taxis bleus et blancs ; sentir la fierté d’une nation qui a résisté à la domination coloniale ; percevoir le contraste de la métropole où le tramway flambant neuf côtoie les bidonvilles ; voir enfin la gare de la mythique ligne ferroviaire qui relie Addis Abeba à Djibouti ; être impressionné par toutes les tenus vestimentaires du dernier empereur d’Ethiopie exposées au musée national ; …

Difficile pour l’architecte que je suis de ne pas rendre visite à l’ambassade des Pays-Bas. Magnifique bâtiment contemporain - récompensé par le prix Aga Khan d’architecture - qui réinterprète les églises rupestres de Lalibela. Délégation officielle aidant, nous sommes invité à prendre le goûter et à découvrir les gâteaux au gingembre et à la mélasse, spécialité du cuisinier en poste, qui me confiera la recette.

De ce trop court séjour – il me faudra y retourner – j’en retiens le cosmopolitisme : Addis Abeba ville-monde.