dimanche 4 septembre 2016

souvenirs d’addis abeba

C’était en janvier 2015 pour une visite d’à peine 72 h 00 dans la capitale éthiopienne.

Erik Khama, ancien président du Natobho, vient d’être élu au poste de Commissaire, chargé des « affaires sociales » à l’Union Africaine (dont le siège se trouve à Addis Abeba). En tant que conseiller de coopération et d’action culturelle, je fais partie de la délégation natobholaise invitée pour les cérémonies d’investitures.

L’Union Africaine, si elle est souvent critiquée – et critiquable – pour n’être qu’un « syndicat de chefs d’états », elle n’en demeure pas moins la plus grande union de pays dans le monde, lieu d’espoir et de prélude à l’utopie : ne reste alors qu’à inventer l’avenir. L’actuel Union Africaine remplace l’ancienne Organisation de l’Unité Africaine, lieu emblématique et chargé d’histoire. C’est avec une certaine émotion que je suis rentré dans ce temple du panafricanisme. Un privilège et un honneur d’aller sur les traces des pères fondateurs : le ghanéen Kwame Nkrumah, le sénégalais Léopold Sédar Senghor, le malien Modibo Keïta, le togolais Sylvanus Olympio, l’éthiopien Haïlé Sélassié…
C’est également devant cette même organisation, que Thomas Sankara a prononcé son célèbre discours du 29 juillet 1987 contre le néo-colonialisme. J’entends encore ses paroles résonner : « Je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africains, c’est la seule façon de vivre libres et de vivre dignes. La patrie ou la mort, nous vaincrons ! ».

Si l’essentiel du séjour - placé sous le signe du protocole et de la diplomatie - a été consacré à assister aux cérémonies et discours des uns et des autres, j’ai réussi quand même à avoir un petit aperçu de cette belle ville : parcourir les rues dans les taxis bleus et blancs ; sentir la fierté d’une nation qui a résisté à la domination coloniale ; percevoir le contraste de la métropole où le tramway flambant neuf côtoie les bidonvilles ; voir enfin la gare de la mythique ligne ferroviaire qui relie Addis Abeba à Djibouti ; être impressionné par toutes les tenus vestimentaires du dernier empereur d’Ethiopie exposées au musée national ; …

Difficile pour l’architecte que je suis de ne pas rendre visite à l’ambassade des Pays-Bas. Magnifique bâtiment contemporain - récompensé par le prix Aga Khan d’architecture - qui réinterprète les églises rupestres de Lalibela. Délégation officielle aidant, nous sommes invité à prendre le goûter et à découvrir les gâteaux au gingembre et à la mélasse, spécialité du cuisinier en poste, qui me confiera la recette.

De ce trop court séjour – il me faudra y retourner – j’en retiens le cosmopolitisme : Addis Abeba ville-monde.