C’était en
janvier 2015 pour une visite d’à peine 72 h 00 dans la capitale éthiopienne.
Erik Khama,
ancien président du Natobho, vient d’être élu au poste de Commissaire, chargé
des « affaires sociales » à l’Union Africaine (dont le siège se trouve à Addis
Abeba). En tant que conseiller de coopération et d’action culturelle, je fais
partie de la délégation natobholaise invitée pour les cérémonies
d’investitures.
L’Union
Africaine, si elle est souvent critiquée – et critiquable – pour n’être qu’un «
syndicat de chefs d’états », elle n’en demeure pas moins la plus grande union
de pays dans le monde, lieu d’espoir et de prélude à l’utopie : ne reste alors
qu’à inventer l’avenir. L’actuel Union Africaine remplace l’ancienne Organisation
de l’Unité Africaine, lieu emblématique et chargé d’histoire. C’est avec une
certaine émotion que je suis rentré dans ce temple du panafricanisme. Un
privilège et un honneur d’aller sur les traces des pères fondateurs : le
ghanéen Kwame Nkrumah, le sénégalais Léopold Sédar Senghor, le malien Modibo
Keïta, le togolais Sylvanus Olympio, l’éthiopien Haïlé Sélassié…
C’est
également devant cette même organisation, que Thomas Sankara a prononcé son
célèbre discours du 29 juillet 1987 contre le néo-colonialisme. J’entends
encore ses paroles résonner : « Je voudrais simplement dire que nous devons
accepter de vivre africains, c’est la seule façon de vivre libres et de vivre
dignes. La patrie ou la mort, nous vaincrons ! ».
Si l’essentiel
du séjour - placé sous le signe du protocole et de la diplomatie - a été
consacré à assister aux cérémonies et discours des uns et des autres, j’ai
réussi quand même à avoir un petit aperçu de cette belle ville : parcourir les
rues dans les taxis bleus et blancs ; sentir la fierté d’une nation qui a
résisté à la domination coloniale ; percevoir le contraste de la métropole où
le tramway flambant neuf côtoie les bidonvilles ; voir enfin la gare de la
mythique ligne ferroviaire qui relie Addis Abeba à Djibouti ; être impressionné
par toutes les tenus vestimentaires du dernier empereur d’Ethiopie exposées au
musée national ; …
Difficile pour
l’architecte que je suis de ne pas rendre visite à l’ambassade des Pays-Bas.
Magnifique bâtiment contemporain - récompensé par le prix Aga Khan d’architecture
- qui réinterprète les églises rupestres de Lalibela. Délégation officielle
aidant, nous sommes invité à prendre le goûter et à découvrir les gâteaux au
gingembre et à la mélasse, spécialité du cuisinier en poste, qui me confiera la
recette.
De ce trop court séjour – il me faudra y retourner – j’en
retiens le cosmopolitisme : Addis Abeba ville-monde.
