mercredi 9 novembre 2016

souvenirs de saint louis

Adepte des "candidatures qui ne servent à rien", l'une d'elles a bien failli aboutir (certes, aidé par un peu de réseautage). Après un premier entretien à Paris, je suis invité - ainsi que les deux autres candidats finalistes - à Dakar pour un second entretien au poste de "Directeur Antenne Saint Louis de l'Institut Français du Sénégal".

Nous sommes alors en novembre 2013, juste après notre voyage de noces. Nous en improvisons donc un second au Sénégal. Après quelques jours passés à Dakar pour exposer à l'ambassade mon projet - axé sur le patrimoine architectural et la création de résidences artistiques - nous partons une semaine à la découverte de Saint Louis, notre peut-être future ville d'adoption.

Après quatre heures de taxi-brousse à travers les paysages sahéliens, nous arrivons à une véritable oasis - une terre promise disent certains. Souvent comparée à La Nouvelle Orléans, nous avons aimé la comparer à Lyon : villes secondes au syndrome de capitales ratées, villes aux grandes traditions culinaires, textiles, culturelles, patrimoniales…

De cette semaine passée à Saint Louis, nous retiendrons :
- la journée passée au Parc national de la Langue de Barbarie, à côtoyer tortues, flamants roses, pélicans et autres beautés de la faune sauvage
- une excursion en VTT pour découvrir les alentours de la ville
- une très belle soirée dans les jardins de l'Institut français : Takeifa en concert
- le thiéboudiène national mangé au "fast food coin chic"
- la nuit passée à la belle étoile dans la cour de "l'école Christine Lagarde" (parce que financée par le FMI)
- la visite de l'université Gaston Berger avec la tour moderniste de la bibliothèque et les pavillons-tentes des résidences étudiantes
- la promenade sur le fleuve Sénégal avec les pécheurs du quartier de Guet Ndar
- la visite de l'atelier galerie Tësss qui fabrique les célèbres pagnes tissés Manjak
- l'ombre des signares qui plane toujours sur la ville
- "L'aventure ambiguë" de Cheikh Hamidou Kane comme livre de chevet
- l'Hôtel de la Poste et son charme un peu désuet
- les 500 mètres de traversée à pied du pont Faidherbe
- les architectures incongrues disséminées au milieu des anciens bâtiments coloniaux

Au final, je n'ai pas été retenu pour ce poste, l'administration préférant un candidat du sérail, anciennement en poste au Maroc et poète à ses heures. Opportunité unique ou simple partie remise, il en restera le rêve qu'une autre partie de vie était possible. Mais aussi la découverte de Saint Louis, qui reste à ce jour la plus belle ville d'Afrique visitée.