dimanche 11 décembre 2016

entre ciment et belle étoile




A la question "d'où viens-tu ?" je réponds souvent que j'ai grandi dans une ville située entre Trappes et Versailles. De cette double origine, j'en suis très fier. Un pied dans chaque culture. Et selon le contexte de la conversation, je peux insister à loisir d'un côté ou de l'autre. Versailles la belle, Trappes la rebelle.

Côté Versailles :
- le tour du grand canal le dimanche matin (au choix : à pied, à vélo, en patin à roulettes - et rêver de le faire en barque ou en aviron)
- l'orangerie du château métamorphosé en boite de nuit (et boire le jus d'orange du domaine)
- l'école d'architecture dans les petites écuries, les spectacles de Bartabas dans les grandes écuries
- sécher les cours pour la première fois de sa vie au hameau de la Reine
- aller au travail de papa, aller au travail de maman
- visiter le Petit Trianon : la quintessence de l'architecture hédoniste
- rêver du domaine de la Lanterne, ce lieu du pouvoir resté longtemps secret
- cueillir des pommes les matins froids d'automne
- aller chercher des oeufs frais à la ferme (et les manger à la coque)

Côté Trappes :
- faire du patin à glace sur le parvis de la mairie (avec Amel Bent en fond sonore)
- les radeaux de frites en mousse à la piscine Léo Lagrange
- les nombreux matchs d'improvisation dans la salle Jean Baptiste Clément (là où Jamel a commencé sous les jets des cailloux)
- Hubert Félix Thiefaine en live
- ne pas être rassuré en passant devant les immeubles aux fenêtres cassées et aux portes murées (en attendant une réhabilitation à venir)
- le cabaret théâtre au restaurant "le coup de foudre" (et en avoir un)
- passer d'un centre de loisirs en préfabriqué d'après guerre, à un centre de loisir flambant neuf avec salle de jeux d'eau, potager et pergola intégré
- être payé pour aller voir Kirikou au cinéma
- aller chercher des makrouds au marché de la Merise pendant le ramadan

Bref, j'ai grandi dans cette dualité permanente, entre ciment et belle étoile.