Sur une idée originale de Lætitia Bianchi.

Patrick Dewaere 1947-1982
Le 26 janvier 1947, Patrick Maurin naît alors que sa mère range les costumes de sa troupe de théâtre. Il a trois pères : un géniteur, un qui le reconnait et un beau-père avec qui il vivra. Voulant passer un coup de téléphone au même moment que sa mère, il se bat avec elle. À 19 ans il devient Dewaere, le nom de sa grand-mère. Il monte à cheval et épate la galerie. Pour passer outre l’interdiction de cueillette, il fonce en voiture dans un noyer et ramasse les noix tombées par terre. Il achète une Fiat 124 d’occasion. Il laisse pousser sa moustache et se justifie : J’aimerai être laid et vilain. Il livre des réfrigérateurs pour remplir le sien. Il prend un coup de matraque sur la tête et dira plus tard : Ce jour là je me suis tellement marré ! En avril 1968 il refuse de se marier « par peur des piqûres » et finira par le faire en juillet 1968 « pour se marrer ». Pour échapper au service militaire il se bourre de médocs et fini à l’hôpital. Il prend une lance à incendie pour arroser les spectateurs trop pressés d’entrer. En guise d’enfant il adopte une guenon. Il flanque une correction à Coluche puis console Miou-Miou. Avec Gérard Depardieu ils collent et prennent des pains en provoquent les piliers de bar du Sud de la France. Lors d’un tournage en voiture il s’échappe avec et ne revient que le lendemain. Il achète une Mercedes puis une DS grise. Dans une fête foraine il blesse à la carabine le responsable du stande de tir. Il se prend une baffe mémorable de Lino Ventura. Pour épater son pote Rufus il conduit une Rolls Royce de location, puis achète une Range Rover. Il colle son poing dans la figure de Julien Clerc. Sans s’en apercevoir, il se noirci le visage à la suie, et devient hilare en se voyant dans le miroir. Il s’exprime en peinture : en rouge, puis en bleu. Il envoie une droite à Yves Boisset, son réalisateur, puis l’embrasse. Dewaere réprimande trois jeunes fumeurs de hasch. Il fait des longueurs dans la piscine du Club Med de Dakar. Il sert la soupe aux spectateurs qui attendent dans le froid. Il tente sans succès de traverser le Sahara en moto et en solitaire. Il s’entraîne au stade de la Baie des Champs et fait perdre un match de Championnat à l’AJ Auxerre : J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi peu doué ! dira Guy Roux. Il envoie son poing en pleine figure d’un accessoiriste pour une histoire de valise et de banc. Il vole un imper gris au magasin Tati de Barbès-Rochchouart. Il s’achète un smoking et sort du frigo une gigantesque boite de caviar (de contrebande). Dewaere n’ose pas gifler Bernard Blier, puis s’y résout. Son chauffeur devient son confident. Il veut “casser la gueule” d’un journaliste et le regrettera par trois fois au 20 heures. Après avoir embrassé Catherine Deneuve avec la langue, il attrape une bouteille de Perrier, avale une rasade, se gargarise et crache par terre. Il perd quelques kilos pour pouvoir boxer dans la catégorie « poids moyen » et s’entraine tous les après-midi dans une salle de Saint-Ouen. Le 16 juillet 1982, à 15 heures, il se regarde dans le miroir et se tire un coup de fusil dans la bouche.