Margueritte Duras 1914-1996
Le 4 avril 1914 à quatre heures du matin, Marguerite Germaine Donnadieu naît au domicile familial à Gia Dinh en Cochinchine. À l’âge de cinq ans, lors d’un voyage en Chine, elle assiste à l’enterrement vivante d’une femme adultère. Certains jeudis elle va goûter des confitures chez la mère du curé de Pardaillan. Âgée de 14 ans, elle passe des étés entiers à tirer sur des échassiers, des singes, des caïmans, des panthères et des serpents : C’était horrible, on tuait tout ce qu’on trouvait avouera-t-elle. Elle prend plaisir à regarder ses seins : Mes seins étaient propres, blancs. Marguerite D. embarque sur le Bernadin de Saint-Pierre le 14 septembre 1932 et débarque du Porthos le 28 octobre 1933. Elle pense beaucoup à Dieu, Dommage que je ne sois pas juive confiera-t-elle plus-tard. Par amour pour son père, elle suit des cours de mathématiques en parallèle de ses études de droit. Son premier salaire au ministère des colonies est de 1 500 francs par mois. Le 16 septembre 1938, Marguerite D. est affectée au comité de la propagande de la banane française. Sa mère lui envoie des sacs de riz en provenance d’Indochine. Pour son premier roman elle abandonne le nom du père “Donnadieu” pour “Duras”, le nom de la commune de la maison paternelle. À plusieurs reprises, elle héberge François Mitterrand dans son appartement, qui sera plus tard réquisitionné pour entasser des cannettes de bières puis des invendus de L’Humanité. Elle revendique sa folie : Oui, je suis folle, c’est écrit sur mon front. Par l’intermédiaire de sa voisine du dessus, elle fait livrer chez Gallimard huit cents kilos de papier pour la réédition de son dernier livre. Marguerite D. adhère à la cellule 722 du Parti communiste avant de la quitter, puis d’y être exclue suite à une dénonciation pour inconvenances et ironie trop appuyée. Elle récite à haute voix des passages de la bible, chante Piaf qu’elle connait par coeur et danse seule au milieu du salon sur du Tino Rossi. Elle aime cuisiner le lapin à la moutarde, le porc gras à la vietnamienne, et fait l’aller retour Pars-Onzain pour aller cuire un steak à sa mère. Anonymement, elle fait publier un manuscrit érotique. Après avoir suivi des cours à l’Institut des langues orientales, elle invente une langue : le shaga. En une année, elle accumule 20 000 francs de contraventions qu’elle demande à son éditeur de payer. Marguerite D. n’accepte les interviews qu’à la condition de faire les questions et les réponses, ne parle d’elle-même qu’à la troisième personne et s’appelle elle-même “Duras”. Elle engage un cuisinier mais trouve sa cuisine à elle bien meilleure, et se remet donc aux fourneaux. Par ailleurs, et selon ses dires, sa soupe de poireaux est la meilleure d’Europe. Un journal féminin lui propose de rédiger les horoscopes, mais elle refusera. Quand elle regarde par la fenêtre, elle voit des veaux à la place des voitures, des poissons dans les bouteilles et des infirmières en smoking. Le dimanche 3 mars 1996 à huit heures, Marguerite D. décède dans son appartement parisien de la rue Saint-Benoît.
Le 4 avril 1914 à quatre heures du matin, Marguerite Germaine Donnadieu naît au domicile familial à Gia Dinh en Cochinchine. À l’âge de cinq ans, lors d’un voyage en Chine, elle assiste à l’enterrement vivante d’une femme adultère. Certains jeudis elle va goûter des confitures chez la mère du curé de Pardaillan. Âgée de 14 ans, elle passe des étés entiers à tirer sur des échassiers, des singes, des caïmans, des panthères et des serpents : C’était horrible, on tuait tout ce qu’on trouvait avouera-t-elle. Elle prend plaisir à regarder ses seins : Mes seins étaient propres, blancs. Marguerite D. embarque sur le Bernadin de Saint-Pierre le 14 septembre 1932 et débarque du Porthos le 28 octobre 1933. Elle pense beaucoup à Dieu, Dommage que je ne sois pas juive confiera-t-elle plus-tard. Par amour pour son père, elle suit des cours de mathématiques en parallèle de ses études de droit. Son premier salaire au ministère des colonies est de 1 500 francs par mois. Le 16 septembre 1938, Marguerite D. est affectée au comité de la propagande de la banane française. Sa mère lui envoie des sacs de riz en provenance d’Indochine. Pour son premier roman elle abandonne le nom du père “Donnadieu” pour “Duras”, le nom de la commune de la maison paternelle. À plusieurs reprises, elle héberge François Mitterrand dans son appartement, qui sera plus tard réquisitionné pour entasser des cannettes de bières puis des invendus de L’Humanité. Elle revendique sa folie : Oui, je suis folle, c’est écrit sur mon front. Par l’intermédiaire de sa voisine du dessus, elle fait livrer chez Gallimard huit cents kilos de papier pour la réédition de son dernier livre. Marguerite D. adhère à la cellule 722 du Parti communiste avant de la quitter, puis d’y être exclue suite à une dénonciation pour inconvenances et ironie trop appuyée. Elle récite à haute voix des passages de la bible, chante Piaf qu’elle connait par coeur et danse seule au milieu du salon sur du Tino Rossi. Elle aime cuisiner le lapin à la moutarde, le porc gras à la vietnamienne, et fait l’aller retour Pars-Onzain pour aller cuire un steak à sa mère. Anonymement, elle fait publier un manuscrit érotique. Après avoir suivi des cours à l’Institut des langues orientales, elle invente une langue : le shaga. En une année, elle accumule 20 000 francs de contraventions qu’elle demande à son éditeur de payer. Marguerite D. n’accepte les interviews qu’à la condition de faire les questions et les réponses, ne parle d’elle-même qu’à la troisième personne et s’appelle elle-même “Duras”. Elle engage un cuisinier mais trouve sa cuisine à elle bien meilleure, et se remet donc aux fourneaux. Par ailleurs, et selon ses dires, sa soupe de poireaux est la meilleure d’Europe. Un journal féminin lui propose de rédiger les horoscopes, mais elle refusera. Quand elle regarde par la fenêtre, elle voit des veaux à la place des voitures, des poissons dans les bouteilles et des infirmières en smoking. Le dimanche 3 mars 1996 à huit heures, Marguerite D. décède dans son appartement parisien de la rue Saint-Benoît.
