dimanche 22 décembre 2019

tentative d’épuisement d’un square lyonnais

 Il y a beaucoup de choses au square Saint Michel.
Par exemple :

1 espace central en stabilisé
1 cheminement périphérique en béton désactivé
1 air de jeu en sol souple
2 escaliers de 3 marches
1 rampe à 4 %
7 espaces végétalisés centraux (241 clôtures métallique / 556 fixations visibles)
5 espaces végétalisés périphériques (114 clôtures en bois / 912 fixations visibles)
13 arbres (dont 6 à 3 troncs, 5 résineux et 2 feuillus)
9 plantes grimpantes
1 cheval à ressort 2-8 ans (13 fixations visibles)
1 balançoire à ressort 2-8 ans (12 fixations visibles)
1 ensemble cabane toboggan 2-5 ans (157 fixations visibles)
4 bancs bleus pour les parents et les nounous (24 fixations visibles)
9 bancs gris pour les fumeurs de saucissons (4 fixations visibles)
1 panneau d’information générales gris et vert (aucune fixation de visible)
1 panneau d’information particulières gris et rouge (16 fixations visibles)
6 candélabres gris
2 candélabres blancs
12 appliques noires
26 projecteurs noirs (5 ne fonctionnent pas)
3 corbeilles grises
2 corbeilles jaunes
2 corbeilles vertes
3 grilles métallique d'accès dont une condamnée
1 grille métallique d’accès à l’école voisine
4 portes vitrées (3 accès aux immeubles et 1 accès au restaurant scolaire)
4 portes métalliques
8 vitrines de commerces
167 fenêtres
177 portes-fenêtres
88 pissettes de balcon
8 grilles avaloirs
1 regard en fonte
4 grilles VB parking (dont 2 accolées)
1 unité extérieur de climatiseur

Et bien d’autres choses encore.

jeudi 19 décembre 2019

être une femme ou non

Si j’étais une femme.

Je porterais des ballerines et des cols Claudine, des dreadlocks et un tailleur.
Mes cheveux seraient bleus, blonds ou roux, selon la saison.
Je ne porterais que des créoles ; mais de tailles différentes, selon les occasions.
J’aurais des petits seins pour n’avoir à porter que des brassières (ou rien du tout).
J’irais à la piscine tous les jeudis soir pour m’entraîner au 400 m 4 nages.
Plus jeune, j’aurais fait du saut en hauteur, mais sans grand succès.
Dans mes temps de loisir, je jouerais de la clarinette en si bémol.
J’écouterais Keny Arkana, Aloïse Sauvage et Chilla.
Je lirais Alan Moore, Patrick Deville et Pierre Bergounioux.
Je me convertirais au judaïsme (libéral) à 33 ans.
Je serais cisgenre et lesbienne.
J’aurais fait Sciences Po et Langues O.
Consule générale de France à Johannesburg, je me destinerais à être ambassadrice de France en Israël.

Mais hélas je suis un homme.

lundi 16 décembre 2019

être pasteur ou non

J’aimerais être pasteur, avoir eu ma vocation lors d’un TP de physique-chimie, faire toute ma carrière à Paris dans le même temple, prendre soin des ruches qui sont sur le toit, m’habiller sans cesse avec la même robe noire, chanter sans fin le premier couplet du psaume 86, jouer du théorbe le soir venu, faire des prédications sans texte en disant tout et son contraire, faire toujours les mêmes effets de manche et toujours garder quelques billes pour la fin.

Encore mieux, j’aimerais être une femme pasteure. La même chose, mais en mieux.

dimanche 15 décembre 2019

les aventures de G&C - épisode 8/24

Urbex à Sarajevo, sur les traces des JO d’hivers de 1984.
Sur le Trebević, la piste de bobsleigh et de luge est toujours là.
Je chemine sur les 1300 m de la piste qui serpente en pleine forêt.
Il y a beaucoup de mousse et de feuilles mortes.
Dans les virages à la verticale des graffs.
Sur le mont Igman, les deux pistes de sauts sont toujours là.
Il ne reste que la structure de béton.
Les revêtements de métal et de bois ont disparu.
Après une longue ascension j’arrive tout en haut.
La vue est vertigineuse.
Le télésiège fonctionne encore.
Si la station de départ est flambant neuve, les sièges sont d’un autre temps.
Le métal rouge et bleu pastel a perdu beaucoup de son éclat.
Aux pieds des pistes, le podium olympique.
Utilisé pour les exécutions durant le siège de la ville, il a été repeint et paraît anachronique.
Au milieu des arbres quelques vestiges.
D’anciens hôtels en ruine.
De grandes esplanades de bétons.
Sur certains bâtiments,ni fenêtres ni toits, il ne reste plus que les murs en béton.
On ne sait pas si ce sont les stigmates de la guerre ou l’usure du temps.

jeudi 12 décembre 2019

réfléchir ou non

J’aimerais ne plus avoir à réfléchir.
Ne plus me demander si ce lundi matin je mets mon haut blanc à col Mao, à col officier, à capuche ou à bouton de manchettes.
Ne plus me demander si ce mardi midi je mange chez Drap, chez Oslow, chez Bao-time, chez Five.
Ne plus me demander si ce mercredi en fin de journée je vais au square Gambetta, au square Saint Michel, au square Bahadourian, au square des espions.
Ne plus me demander si ce jeudi soir je cours sur les berges de la Saône, nage à la piscine du Rhône, patine à la patinoire Charlemagne.
Ne plus me demander si ce vendredi avant de dormir je lis le livre conseillé par le Masque, par Marie Richeux, par la culture générale.
Ne plus me demander si ce samedi je pâtisse un Paris-Brest, une tarte infiniment rhubarbe, un biscuit roulé poires-gingembre.
Ne plus me demander si ce dimanche je vais au culte du Grand Temple, du Change, de la Lanterne.
Tant de questions existentielles.
Pauvre de moi.

dimanche 1 décembre 2019

les aventures de G&C - épisode 7/24

Passer trois jours à bord du Royal Scotsman à sillonner l’Écosse.
Embarquement à Édimbourg au son de la cornemuse.
Le train se compose de neufs voitures bordeaux.
Nous sommes 36 passagers et 16 membres d’équipages.
Longer les lochs. Passer au-dessus des villages.
Passer en contrebas des châteaux.
Emprunter le viaduc de Glenfinnan et penser aux fans d’Harry Potter.
Emprunter le pont du Forth et penser aux fans d'ingénierie.
La lande mouchetée du jaune des genêts et du blanc des moutons.
La lande couverte de bruyère ou de fougères et parsemée de rochers énormes.
Le paysage est de carte postale.
Le wagon-salon : une accumulation de canapés et de fauteuils lourds et fleuris.
Le wagon-bar : une cinquantaine de whisky.
Le wagon-restaurant : une immense table centrale.
Ce soir : tian de saumon écossais, suprême de pintade et cheese-cake orange chocolat.
Avant de rejoindre la cabine pour la nuit nous dansons au son du violon et de l'accordéon sur le quai d'une gare déserte.
Le dessus de lit est en tartan.
Je passe la nuit à regarder le paysage qui défile éclairé au clair de lune.