mardi 18 février 2020

port-au-prince

En mars 2016, je participe à un workshop international d’urbanisme à Port-au-Prince. Quelques souvenirs éparses :

- Les chapelets d’îles caribéennes vues d’avion.
- Les centaines de milliers d’habitations sans électricités et sans eau courante sur les flancs des montagnes avoisinantes.
- Des maisons toujours en ruine.
- Des maisons temporaires devenues définitives.
- Les toits en tôles qui rouillent.
- Des barbelés sur tous les murs.
- L’absence d’espaces publics.
- Entre la mer et la ville : les terminaux pétroliers.
- Le long de la RN2, des congélateurs (sans électricité) comme étals de poissons.
- Les bus multi-colorés et les bus jaunes étasuniens.
- Les voitures aux messages christiques.
- Sur les routes, les processions de rara, entre musique et danse vaudoux.
- Une usine sucrière presque à l’abandon mais au passé glorieux.
- La magnifique réhabilitation du marché de fer.
- Ici et là, des péristyles vaudou.
- Les plages de bananiers.
- Les deux livres d’avant et d’après exil de Dany Laferrière en poche.
- Les dix longueurs de piscines pour bien commencer la journée.
- Le 4x4 rutilant et indécent de l’AFD.
- Une ancienne première ministre et une future ministre du tourisme.
- De bonnes mangues juteuses et de la bonne eau de coco.
- Le poisson et la bière Prestige quotidienne.

samedi 15 février 2020

les aventures de G&C - épisode 12/24


Un plongée sur l’épave de l’Amoco Milford Haven.
Le 14 avril 1991, le supertanker de 330 mètres faisait naufrage dans la baie de Gênes.
Dans ses cales, 144 000 tonnes de brutes.
Hier catastrophe écologique et humaine, aujourd’hui terrain d’aventure pour les plongeurs du monde entier.
Je m’équipe d’un recycleur d’air pour augmenter mon autonomie et optimiser la décompression.
L’air est aussi enrichie en hélium pour limiter l’ivresse des profondeurs.
La descente est vertigineuse.
L’épave repose à 80 m de fond.
Tout est démesuré.
Le Haven fait 50 m de haut, l’hélice 8 m de diamètre.
Les ponts se succèdent.
Les traces de l’incendie sont toujours visible.
Des escaliers et passerelles complètements déformés par la chaleur.
Sur bâbord, la coque est entièrement éventré.
Les cavités sont immenses.
Dans le compartiment moteur, le temps est figé.
Quelques traces d’hydrocarbures dues à des fuites sont visibles.
Étrangement, l’épave du pétrolier attire la faune et la flore.
Les eaux sont très poissonneuses.
Des langoustes et des huîtres.
Le Haven est devenu malgré lui un abri providentielle dans cette étendue de vase sous-marine.
A l’intérieur, des mostelles, les congrès se protègent de la lumière.
L’équilibre semble fragile : la vie côtoie l’or noir du Haven.

mercredi 12 février 2020

dans mes rêves - épisodes 16/20

76 - Déambuler sans fin dans les thermes de Vals (et trouver enfin le passage secret vers l’ailleurs).
77 - Patiner (de vitesse) sur le Grand Canal du parc du château de Versailles gelé.
78 - Organiser la fête des lumières, seul, au milieu des manchots Adélies, des pétrels des neiges et des phoques crabier.
79 - Renflouer le Titanic.
80 - Dans la forêt primaire indonésienne, passer de branches en branches parmi les gibbons.

samedi 1 février 2020

les aventures de G&C - épisode 11/24

Une saison à Guédelon.
Une carrière de grès abandonnée au cœur d’une forêt bourguignonne.
Le lieu idéal pour construire un château-fort avec les outils, les matériaux et les méthodes du XIIIe siècle.
Véritable laboratoire archéologique à ciel ouvert, artisans et archéologues s’y mêlent depuis 1997.
Il faut beaucoup de patience, tout est fabriqué sur place.
Les forgerons fabriquent les outils pour les tailleurs de pierre qui façonnent les pierres pour les maçons.
Petite attraction : je teste la cage à écureuil à deux tambours de la grue.
Elle permet de soulever jusqu'à 500 kg de matériaux.
Pas de niveau à bulle, tout ce fait au fil à plomb.
Quelques lunettes de vues et de protections constituent les seuls anachronismes.
Petite prouesse du moment : la fenêtre gothique de la chapelle.
Constituée de trente-huit pierres sculptées et taillées : il faut trois mois pour la construire et trois heures pour l’assembler.
Pour l’escalier à vis, la marche modèle est d’abord réalisée en bois avant d'être taillé dans la pierre.
Chaque marche nécessite trois jours de travail.
Parfois quelques pièces de maîtres, comme le lavabo liturgique.
À côté du château, quelques projets satellites.
Un moulin hydraulique qui a nécessité deux ans de construction.
Les meules d’un mètre produise la farine pour le pain.
Un potier façonne des canalisations en céramique.
Puis fabrique son four lui-même.
Nous veuillons toute la nuit à quelques-uns autour du feu de cuisson à plus de 1000°C.
Il faudra attendre trois jours pour sortir les pièces, le temps que le four refroidisse.